Pourquoi Vladimir Poutine adhère à l’extrême droite allemande

Liana Fix, ​​​​​​​Caroline Kapp - The Atlantic - 31/10
Frustré par la réponse ferme de Berlin à son invasion de l’Ukraine, le dirigeant russe cherche des alliés susceptibles de perturber le consensus.

Aujourd’hui, seuls quelques Occidentaux assistent encore aux événements phares du président Vladimir Poutine, comme la conférence Valdaï à Sotchi, qui, avant la guerre, était le rassemblement international le plus prestigieux de Russie. Cette année, l'un de ces invités étrangers était un journaliste d'un journal allemand d'extrême gauche, qui a demandé à Poutine d'expliquer une contradiction apparente : si la Russie libère l'Ukraine des nazis, comme le prétend Poutine, pourquoi le Kremlin entretient-il des contacts de haut niveau avec le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne ?

La question était particulièrement importante car l’AfD gagne en puissance et en popularité dans toute l’Allemagne. Au début du mois, il a obtenu des résultats historiquement bons aux élections régionales en Bavière et en Hesse, deux Länder traditionnellement centristes. Au niveau national, l'AfD obtient un taux record de 21 pour cent, ce qui en fait le deuxième parti le plus populaire d'Allemagne. Après les élections régionales de l’année prochaine, il pourrait même devenir le parti leader de plusieurs Länder dans son bastion est-allemand.

La réponse de Poutine a été révélatrice. Il a remis en question l'idée selon laquelle l'AfD serait d'extrême droite et a défendu ses contacts avec le groupe. Il a poursuivi en suggérant que l’AfD était la victime des « méthodes nazies » plutôt que le parti qui « les utilisait ». Pour preuve, il a cité les rumeurs d’une tentative d’assassinat contre l’un des dirigeants du parti lors d’un récent événement de campagne. Les autorités allemandes n’ont pas confirmé l’existence d’une telle tentative, mais l’AfD a tenté d’exploiter la rumeur quelques jours avant les élections régionales de ce mois-ci. La connaissance étonnamment détaillée qu’a Poutine d’une théorie du complot peu connue impliquant l’AfD montre l’intérêt particulier que le Kremlin porte à l’extrême droite allemande.

Le lien de Poutine avec l’Allemagne est personnel. Un pays qu'il croyait comprendre, depuis son affectation en Allemagne de l'Est comme jeune officier...
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