VIDÉO - Anglicismes : la lutte sans répit des amoureux de la langue française

LCI - 30/10
[VIDÉO] - Plus de 320 millions de personnes parlent français dans le monde, mais cela n'empêche pas notre langue d'être mise à mal par l'anglais, présent partout dans notre quotidien. Des amoureux de la langue française tentent tant bien que mal d'y remédier. Une équipe de TF1 est allée à leur rencontre.

Plus de 320 millions de personnes parlent français dans le monde, mais cela n'empêche pas notre langue d'être mise à mal par l'anglais, présent partout dans notre quotidien.
Des amoureux de la langue française tentent tant bien que mal d'y remédier.
Une équipe de TF1 est allée à leur rencontre.

Sur la façade des commerces, dans des documents publics ou dans les articles de presse, les anglicismes sont partout ! Alors que la Cité internationale de la langue française a été inaugurée ce lundi à Villers-Cotterêts (Aisne) par Emmanuel Macron, le collectif "Oser le français" se bat pour éviter que l'anglais ne prenne une place trop prépondérante dans la société. Dans le reportage en tête de cet article, notre équipe rencontre deux de ces "justiciers de la langue française" au bord des quais de Seine. Ils apposent des autocollants sur les pancartes des bars rédigées en anglais. "Là, en énorme, on voit le mot 'rooftop'", montrent-ils devant un bateau.

"La France, patrie de la gastronomie, propose maintenant de la 'food'", déplore Pierre-Louis Douheret, membre de ce collectif, en référence aux nombreux établissements de "streetfood" désormais présents dans les rues des grandes villes. "Quand ce sont des marques ou le monde commerçant qui s'expriment, c'est comme ça, poursuit le bénévole. Mais quand il s'agit de municipalités, des responsables publics, des conseils départementaux... Ça pose vraiment un problème."

L'anglais est partout, même dans le secteur public

L'anglais est partout, même dans les administrations : le département du Lot a ainsi lancé l'opération "Oh My Lot !" pour renforcer l'attractivité du territoire. Constat similaire dans de nombreuses entreprises publiques, où l'usage du"franglais" est courant. La marque OuiGo pour les trains à bas prix de la SNCF, IZIbyEDF pour des services de rénovation énergétique proposés par le fournisseur d'électricité ou encore MaFrenchBank, banque en ligne rattachée à La Poste, sont quelques exemples de ce phénomène. 

Jean-Marie Rouart, membre de l'Académie française, appelle sans trop y croire à une réaction dans notre reportage. "Je ne vois pas de qui cette réaction viendrait puisque dans les plus hautes sphères de l'État, on parle franglais couramment, lance le romancier. Ce qu'il y a d'affreux dans cette invasion, c'est qu'on est soi-même contaminé, c'est comme une maladie !" Cet amoureux de la langue française confesse lui-même utiliser parfois le mot "mail"...

Des mots parfois difficiles à traduire

"Crazy", "same", "crush" : les plus jeunes sont bien sûr les plus touchés par cette épidémie d'anglicismes. Il faut dire que certains termes, comme "spoiler", sont difficilement traductibles. Le dictionnaire Larousse propose "divulgâcher" comme équivalent français de ce mot, qui signifie révéler la fin d'un film ou d'une série. Sans trop convaincre les principaux concernés. "'Spoiler', je pensais que c'était un verbe : je spoile, tu spoiles, il spoile", plaisante un étudiant de l'université Cergy-Pontoise, interrogé devant notre caméra. 

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Seule solution trouvée par les parents pour comprendre le langage de leurs enfants : utiliser le "traducteur automatique" des téléphones. "On fait comme on peut, avec nos moyens", rigole une mère de famille. Lot de consolation pour les plus fervents défenseurs de la langue de Molière : le français reste très apprécié à l'étranger. Chic et raffiné, on le retrouve sur de nombreuses devantures de magasins américains ou anglais. 

T.A. | Reportage TF1 Noé GANDILLOT et Bertrand LACHAT

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