Les enfants incas étaient drogués avant d’être sacrifiés

National Geographic - 16/07
Les cheveux des momies révèlent que les jeunes victimes absorbaient de grandes quantités de coca et d’alcool avant d'être données en sacrifice.

Trois momies incas retrouvées près du sommet du Volcan Llullaillaco en Argentine étaient si bien conservées que l’on a pu associer un visage humain au rituel ancestral de la capacocha qui a conduit à leur sacrifice. Les corps de la jeune fille du Llullaillaco et de ses deux plus jeunes compagnons, le garçon du Lullaillaco et la fillette de la foudre, ont révélé que des substances psychotropes ont contribué à leur mort au cours des cérémonies qui se sont succédées pendant un an pour les préparer à vivre leurs dernières heures.

Soumis à une analyse biochimique, les cheveux de la jeune fille ont révélé ce qu’elle a mangé et bu dans les deux dernières années de sa vie. Ces résultats semblent aller dans le sens des récits historiques indiquant qu’un nombre restreint d’enfants étaient choisis pour prendre part à des cérémonies sacrées pendant un an, les conduisant à terme à leur sacrifice. Leurs cheveux portent les marques des changements de leur consommation de nourriture, de coca et d’alcool.

Dans l’idéologie religieuse inca, remarquent les auteurs, la coca et l’alcool pouvaient induire des altérations de l’état de conscience, sorte de transe permettant d'accéder au sacré. Mais les substances ont probablement joué aussi un rôle plus pragmatique pour désorienter et calmer les jeunes victimes dans les hautes montagnes afin de les rendre plus enclines à accepter leur triste sort.

 

UNE HISTOIRE BIEN CONSERVÉE

La jeune fille et ses jeunes compagnons, qui ont été découverts en 1999, sont particulièrement bien conservés en raison du climat glacial qui règne juste en-dessous du sommet de la montagne culminant à 6 739 mètres.

« Sur l’ensemble des momies qui ont été découvertes dans le monde à ce jour, celle-ci doit être la mieux conservée de toutes celles que je connais », a indiqué Andrew Wilson, expert légiste et archéologique de l’Université de Bradford, au Royaume-Uni. « On d...
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