Le feu et la glace, le jour et la nuit, le Ying et le Yang. Opposés en finale de la Coupe du monde après leur victoire respective contre l'Argentine (44-6) et l'Angleterre (16-15), la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud partagent des points communs. L'Histoire d'abord, puisqu'il s'agit des deux nations les plus titrés de la compétition, avec trois trophées chacun. À elles deux, elles accaparent les deux tiers des trophées (6/9).
Les deux formations, qui entretiennent l'une des plus grandes rivalités de l'histoire de ce sport - les All Blacks ont l'avantage avec 59% des confrontations directes remportées, mais c'est leur plus faible ratio de victoires sur la scène internationale -, s'appuient également sur des cadres expérimentés, qui connaissent les matchs couperets et savent les gagner. Chose exceptionnelle pour une finale, les Néo-Zélandais (contre les Français (13-27)) et les Sud-Africains (contre les Irlandais (9-13)) ont, par ailleurs, connu une défaite depuis leur arrivée dans l'Hexagone. Pour la deuxième fois seulement, après 2019, ce n'est donc pas une équipe invaincue qui remportera le Mondial.
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Mais passé ces constats, les comparaisons entre les deux adversaires de ce samedi (21h, en direct sur TF1, MYTF1, en live commenté sur TF1info) s'arrêtent là. Si la différence entre les deux poules est légèrement trompeuse (le groupe B comprenait l'Écosse, quand le A comptait l'Italie, plus faible), elle ne suffit pas à occulter une tendance indiscutable : "Boks" et "Blacks" s'appuient sur deux styles de jeu radicalement différents, presque opposés, et des qualités distinctes. Pour schématiser, les premiers construisent leur succès autour d'une défense intraitable quand les seconds s'illustrent par leur attaque flamboyante (ce qui ne veut pas dire, pour autant, que l'une ou l'autre sont à la peine dans les autres secteurs).
D'un côté, les All Blacks ont marqué la bagatelle de 325 points (dont 48 essais) depuis le début de la compétition, soit plus de 54 de moyenne par match. Si ce total est gonflé par les démonstrations contre la Namibie, l'Uruguay et l'Italie, un cran en dessous, ils ont démontré qu'ils étaient tout aussi dangereux contre des adversaires d'un autre pedigree, y compris lors des matchs à élimination directe. L'Irlande, battue de justesse (24-28) et l'Argentine, balayée (44-6), peuvent en témoigner.
Les coéquipiers de Sam Cane affichent des statistiques impressionnantes dans toutes les catégories en la matière, que ce soient en termes de franchissements - action offensive consistant à passer au travers de la ligne de défense, qui se concrétise par un gain de terrain - (13,5 en moyenne par match, meilleur total), de défenseurs battus (38,2, 2e), de mètres gagnés ballon en main (1056, 2e), de passes réalisées (183,7, 3e total). Autre chiffre ahurissant, ils ont désormais marqué un essai ou plus lors de leurs 38 derniers matchs dans le tournoi. Il faut remonter à un match contre... l'Afrique du Sud (match pour la 3e place en 1999) pour retrouver trace d'une rencontre lors de laquelle ils n'ont pas terminé derrière la ligne.
Cette impressionnante structure, aussi létale qu'imprévisible, est bonifiée par des individualités d'exception (Will Jordan a égalé le record d'essais sur une même édition ; Sam Whitelock (152 sélections) est le "kiwi" le plus capé de l'histoire). Comme le veut l'ADN néo-zélandais, les pertes de balle adverses sont parfaitement exploitées (8 essais marqués en contre-attaque, meilleur total). Mais surtout, cette machine bien huilée s'appuie sur un paquet d'avants performants (96,6% de rucks gagnés par match, 2e meilleur total) et sur une conquête parfaitement maîtrisée (94% de réussite en mêlée, 97% en touche). Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si plus d'une trentaine d'essais ont été inscrits directement dans la foulée de ces phases arrêtées (11 après mêlée, 20 après touche, personne ne fait aussi bien).
De l'autre côté, les Springboks ont fait de la "rush défense", cette défense étouffante permettant de couper rapidement les extérieurs, leur marque de fabrique. Les 14,3 placages dominants de moyenne par rencontre traduisent ce parti pris d'agresser le vis-à-vis lorsqu'il tient la gonfle. Un dispositif sans ballon qui permet de progressivement éteindre leurs adversaires, tout en exploitant parfaitement leurs moindres erreurs. Une excellente discipline (seulement 8 faut...
[Courte citation de 8% de l'article original]