Dévasté. Voilà dans quel état se trouve aujourd'hui Johan Daviet, le père de Lola, tuée à 12 ans dans des circonstances effroyables, le 14 octobre 2022, dans le 19e arrondissement de Paris. Cette tragédie a fait voler en éclat son couple et sa famille. Depuis, il est retourné vivre chez sa mère. C'est là qu'il a reçu les caméras de "Sept à Huit" pour tenter de se libérer, dit-il, de cette souffrance qui le mine. Johan Daviet vit désormais avec le souvenir de sa fille, de sa dernière image. "Elle est partie au collège comme d'habitude, le midi, elle est revenue manger et après, elle est repartie. Elle finissait à 15h", raconte-t-il à Audrey Crespo-Mara.
Je veux voir ma fille et on me le refuse. Mais sur le coup, vous ne le comprenez pas
Johan Daviet, le père de Lola
Mais ne la voyant pas revenir après les cours, lui et sa femme commencent à se poser des questions. "À 16h, on a commencé à s'inquiéter parce que c'est bizarre. En plus, elle n'avait même pas pris son téléphone portable", dit-il. Très vite, ils décident d'entreprendre des recherches. "D'abord, on va au collège. La principale me certifie qu'elle a bien quitté le collège à 15h. Ma femme va au commissariat et moi, je fais le tour de tout le quartier en scooter et je ne la trouve pas", poursuit-il. Les autorités, alertées, questionnent le voisinage. Tandis que les parents de Lola, gardiens de l'immeuble, visionnent les caméras de surveillance. "Je vois rentrer la meurtrière présumée et je vois ma fille rentrer derrière. Et après, je n'ai plus rien", décrit-il.
Commence alors une course contre-la-montre pour retrouver la fillette. "Mon fils qui a 18 ans cherche sa sœur partout, il va dans les sous-sols, il fait tous les parkings", détaille Johan Daviet. Mais à 23h, le couperet tombe : "Le préfet nous annonce qu'un SDF a retrouvé...". Il marque un temps d'arrêt, se reprend et lance les mots qu'aucun parent ne veut entendre : "le corps de notre fille dans une malle". Là, il le dit lui-même, il "pète un câble". "Je veux voir ma fille et on me le refuse. Mais sur le coup, vous ne le comprenez pas. On vous apprend que votre fille est décédée et vous ne pouvez pas la voir. Pour ma femme, c'est encore pire", admet-il.
Depuis, Johan Daviet vit en sursis. "En vérité, la présumée coupable n'a pas enlevé que la vie de ma fille, elle a enlevé une famille complète. Avec ma femme, on est en instance de divorce aujourd'hui. Je le vis très mal parce que j'adore ma femme. J'en suis peut-être en partie responsable parce que je suis triste et je suis retombé dans ma douleur", souligne-t-il. Ses yeux rougis et sa voix chevrotante en disent long. "Je me suis remis à boire", reconnait-il. Avant d'ajouter : "Tout a volé en éclat de toute façon, mon travail, notre travail. Imaginez aller retravailler où notre fille s'est fait assassiner ! Notre logement, tout. On a presque tout perdu", explique-t-il.
Aujourd'hui, le souvenir de sa fille l'habite jour et nuit. "Une journée, c'est 24 heures, eh bien pour moi, une journée, c'est 48h. J'y pense toujours et c'est normal. J'y penserai toujours. Elle nous manquera que ce soit à moi ou à ma femme. Elle nous manquera toute la vie", insiste-t-il. Quant à la meurtrière présumée de sa fille, Johan Daviet a de la colère à son encontre. "Qui n'en aurait pas ? Après, je laisse la justice faire son travail", conclut-il, digne et ému. Avec un seul espoir chevillé au corps, que sa femme "récupère de la paix" avec ses enfants. "Même si on ne se remet pas ensemble, Lola aurait aimé que la vie continue".
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