Je pensais que l’allégorie était une forme plutôt directe et étroite : une histoire simple et métaphorique conçue pour délivrer une leçon politique ou morale. Mais en réalité, il est plus extensible et plus polyvalent que cela.
Les allégories, j’ai appris, peuvent être utilisées pour persuader ou parodier. Ils peuvent être utilisés pour donner une leçon, pour tirer des équivalences et pour mettre en évidence des hypocrisies. Ils peuvent être utilisés pour cristalliser la compréhension d’une situation par le lecteur, mais aussi pour lui souffler de la fumée dans les yeux. Et une allégorie peut être comprise comme un acte moral en soi. La Ferme des animaux de George Orwell en fait partie. Cette mince œuvre de génie ne transmet pas tant une morale, mais incarne la tentative de vivre et d’écrire conformément à un ensemble de principes, quelle que soit l’opposition.
Quand j’ai commencé à écrire Beasts of England – ma suite d’Animal Farm – j’avais peur de trouver les conventions imposées par le cadre allégorique restrictives. Au final, j'ai été frappé par l'espace qu'il offre à l'écrivain et au lecteur, et par le plaisir qu'on peut y avoir.
Vous trouverez ci-dessous 10 de mes allégories préférées, des classiques qui ont défini la forme (et notre vision du monde), aux paraboles surréalistes et troublantes et aux chefs-d'œuvre contemporains.
1. Les Fables d’Ésope Si nous considérons les renards comme rusés, les ânes comme insensés et les tortues comme lente...
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