VIDÉO - Course à la Lune : François Lenglet nous explique la nouvelle guerre de l'espace

LCI - 17/10
[VIDÉO] - Quel est le point commun entre l'Inde, la Chine ou les États-Unis ? Toutes ces grandes puissances rêvent de retourner sur la Lune. Depuis plusieurs mois, elles ont d'ailleurs multiplié les lancements de sondes spatiales vers notre satellite. Mais pourquoi est-elle redevenue un objectif stratégique ? L'analyse de François Lenglet.

Quel est le point commun entre l'Inde, la Chine ou les États-Unis ? Toutes ces grandes puissances rêvent de retourner sur la Lune.
Depuis plusieurs mois, elles ont d'ailleurs multiplié les lancements de sondes spatiales vers notre satellite.
Mais pourquoi est-elle redevenue un objectif stratégique ? L'analyse de François Lenglet.

Un demi-siècle après les premiers pas sur la Lune, sa conquête est relancée avec plusieurs programmes ambitieux. Dans cette course à l'alunissage, on retrouve les puissances abonnées aux prouesses spatiales : Russie, États-Unis et Chine, mais également de nouveaux candidats. Et cette fois-ci, ce n'est pas seulement pour la gloire. 

Technologiques, scientifiques, politiques... Leurs motivations sont multiples. Avec souvent Mars en ligne de mire. Ainsi, dès 2025, Artemis, l'expédition la plus avancée, pilotée par une coalition de plusieurs pays emmenée par l'Amérique, pourrait faire alunir plusieurs astronautes. 

Le lanceur réutilisable, inventé par Elon Musk, a permis de diviser par 20 le coût du transport.

François Lenglet

Mais pourquoi la fièvre de l'espace s'est-elle rallumée ? Selon François Lenglet, "c'est d'abord parce que la guerre froide a repris entre les grandes puissances. Toutes veulent montrer leur suprématie et développer des systèmes de surveillance spatiaux", dit-il dans la vidéo du JT de 20H en tête de cet article. Les récents progrès de la technologie ont aussi "permis de faire baisser le coût des missions".

Et pour cause. "Dans un simple téléphone d'aujourd'hui, il y a une puissance de calcul 100.000 fois supérieure à celle de l'ordinateur qui avait fait alunir Neil Armstrong en 1969", précise notre spécialiste. Tandis que, "le lanceur réutilisable, inventé par Elon Musk, a permis de diviser par 20 le coût du transport", affirme-t-il. Cela incite de nouveaux acteurs à se lancer. En août dernier, l'envoi d'un robot indien n'a coûté que 70 millions d'euros, soit le prix de 10 km d'autoroute. 

L'attrait économique des ressources lunaires

Outre ces motivations technologiques, les Terriens ont encore beaucoup de choses à apprendre sur leur satellite naturel et sa formation. Sans oublier le besoin stratégique pour certains d'être les premiers, des raisons de politique intérieure ou l'attrait économique des ressources lunaires qui font saliver les investisseurs. Il y aurait là-bas des terres rares, des minerais, des sources d'énergie précieuses comme l'hélium 3. "D'où l'idée d'installer des colonies humaines avec de véritables bases, soit sous des dômes où l'on pourrait cultiver la nourriture artificielle, soit dans des galeries souterraines pour se protéger des chutes de météorites et des rayons solaires", explique François Lenglet. 

Il y a toutefois un problème, car sur la Lune, la gravité est six fois plus faible que sur la Terre, "il faut donc la corriger artificiellement pour éviter que les muscles humains ne s'atrophient". La conquête de notre satellite a d'autres faces sombres : la gestion des déchets dans l'espace, les émissions de carbone, le risque d'accidents, le droit de la propriété, ou encore le danger des conflits. "En principe, un traité de 1967 interdit toute propriété sur la Lune, mais Donald Trump, lorsqu'il était à la Maison-Blanche, avait fait passer des décrets attribuant aux exploitants privés les ressources du sol. Et les traités Artemis, promus par les États-Unis, prévoient la création de zones de sécurité nationales", souligne notre spécialiste. 

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D'où la course effrénée que se livrent l'Inde, la Chine, les États-Unis pour alunir dans l'endroit réputé le plus habitable de la Lune, le pôle Sud. L'Europe, elle, ne joue qu'un rôle de second plan en étant l'associée des États-Unis. "Sur la Terre, comme sur la Lune, ça sera donc la même hiérarchie des puissances. Et la loi du plus fort, ou plutôt celle du premier à poser le pied", prédit François Lenglet, en guise de conclusion. 

V. F Reportage TF1 : François Lenglet, Christophe Aragona et Elise Chambeyron

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