Cyberharcèlement : une famille sur quatre déjà confrontée à ce fléau, selon un sondage

LCI - 17/10
[VIDÉO] - Une famille sur quatre a déjà été confrontée au cyberharcèlement, montre ce mardi un sondage. La "fréquentation intense" des réseaux sociaux par les enfants, dès l'école primaire, constitue l'une des raisons de ce développement du cyberharcèlement. Parmi les sondés, 6% des enfants reconnaissent avoir été auteur de cyber-harcèlement, parfois de façon involontaire.

Une famille sur quatre a déjà été confrontée au cyberharcèlement, montre ce mardi un sondage.
La "fréquentation intense" des réseaux sociaux par les enfants, dès l'école primaire, constitue l'une des raisons de ce développement du cyberharcèlement.
Parmi les sondés, 6% des enfants reconnaissent avoir été auteur de cyber-harcèlement, parfois de façon involontaire.

Un acharnement qui se poursuit au-delà des portes de l'école. Un nouveau sondage, financé par la Caisse d'Épargne et publié par e-Enfance, une association de défense de droits des enfants, montre l'ampleur du cyberharcèlement chez les mineurs : de l'école primaire au lycée, une famille sur quatre aurait déjà été concernée par ce phénomène. "C'est une proportion énorme, qui signifie qu'il n'y a plus de classes ou d'établissements scolaires à présent qui ne vivent pas de harcèlement", souligne Justine Atlan, directrice générale d'e-Enfance, une association protégeant les droits des enfants.

Alors que plusieurs drames, dont le suicide d'un lycéen en pleine rentrée scolaire à Poissy, ont entaché les premières semaines de cours depuis la reprise, le fléau du harcèlement scolaire est de retour au centre des préoccupations des parents d'élèves. Dans le détail, 15% des enfants en école primaire ont déjà été confrontés au cyber-harcèlement. C'est également le cas de 25% des mineurs au collège et de 27% de ceux au lycée. 

86% des 8-18 ans sont inscrits sur les réseaux sociaux

Cette importante part des élèves concernés s'explique par la généralisation des réseaux sociaux chez les plus jeunes ces dernières années, y compris à l'école primaire. Malgré des restrictions d'âge pour créer un compte sur certaines applications, 86% des 8 à 18 ans sont inscrits sur ce type de site, dont 67% des écoliers, 93% des collégiens et 96% des lycéens. Le sondage montre que la moitié des victimes ont rencontré des difficultés dans leur scolarité et ont été perturbées par "des insomnies, des troubles de l'appétit, du désespoir".

Pour faire face à la recrudescence des cas de harcèlement, le gouvernement a présenté fin septembre une série de mesures. Gabriel Attal avait notamment affiché la volonté d'exclure les élèves harceleurs des réseaux sociaux. La poursuite des menaces sur le web constitue en effet l'un des motifs du mal-être grandissant de leurs camarades harcelés. "Le cyber a fait sortir le harcèlement des murs de l'école, les victimes n'ont plus de moment d'apaisement le soir ou le week-end, car la violence continue en ligne, ce qui est extrêmement traumatisant", pointe Justine Atlan, d'e-Enfance.

Du cyberharcèlement fait pour "rigoler", "se faire accepter" ou "se venger"

Autre point intéressant de cette nouvelle étude : 6% des enfants sondés reconnaissent avoir été auteurs de cyber-harcèlement, parfois de façon involontaire. Ceux qui ont eu un tel comportement l'ont majoritairement fait pour "rigoler" (47%). D'autres mineurs ont participé à du cyber-harcèlement pour "faire comme les autres" (29%), "se faire accepter" (24%) ou "se venger" (10%). "Cela montre que l'on n'a pas tous le même niveau d'empathie naturellement, on voit le travail à faire pour éveiller les consciences", commente Justine Atlan. 

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Sur cet aspect, le gouvernement prévoit de généraliser à la rentrée 2024 les cours d'empathie. Cette méthode de lutte contre le harcèlement est mise en place depuis une vingtaine d'années dans les pays scandinaves et prévoit des ateliers entre élèves pour améliorer le respect mutuel au sein d'un même établissement.

T.A. avec AFP

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