La menace d'attentats "persistera longtemps". C'est le constat dressé cet été par le gouvernement suédois, qui avait décidé de relever son niveau d'alerte terroriste. Le pays a malgré tout été visé mais en Belgique, où deux de ses ressortissants ont été tués lundi soir à Bruxelles.
Pour les enquêteurs, l'origine des victimes est tout sauf un hasard. Dans la vidéo de revendication, "la nationalité suédoise des victimes est évoquée comme motivation probable de l'acte", a précisé un porte-parole du parquet fédéral, Eric Van Duyse. Il faut dire que la Suède est, depuis plusieurs années, dans le viseur des terroristes. En particulier depuis quelques mois : des profanations du Coran sur son sol, commises par un large éventail de personnes (militants d'extrême-droite, réfugiés ou artistes) ont affecté la situation sécuritaire du pays.
Fin juillet, deux hommes ont mis le feu à un exemplaire du livre sacré de l'islam devant le Parlement à Stockholm, réitérant un geste déjà réalisé un mois auparavant devant la plus grande mosquée de la capitale suédoise. Ils ont récidivé en septembre, sur une place de Malmö. Ces incidents "ont contribué à donner à la Suède l'image d'un pays hostile aux musulmans", a déclaré en aout Ahn-Za Hagström, directrice du Centre national d'évaluation de la menace terroriste.
Ces actes, relayés sur Internet, ont été suivis de vives tensions dans le monde musulman. L'ambassade de Suède à Bagdad a notamment été incendiée avant d'être rapatriée temporairement à Stockholm. En août, un cocktail Molotov a été lancé contre l'ambassade suédoise à Beyrouth, sans que le projectile explose. Le groupe terroriste Al-Qaïda, lui, a appelé à commettre des attaques terroristes dans le pays scandinave. Plusieurs pays ont depuis mis à jour leurs recommandations aux voyageurs souhaitant se rendre en Suède.
L'image de la Suède comme hostile aux musulmans ne date pas d'hier. Début 2022, les autorités suédoises, accusées d'"enlèvements" systématisés d'enfants musulmans à leur famille, ont dénoncé une vaste campagne de désinformation en ligne. Selon ces allégations, devenues rapidement virales, le pays nordique enlèverait des enfants musulmans pour les confier à des familles chrétiennes, dans lesquelles ils seraient forcés de boire de l'alcool et manger du porc. Interrogé par l'AFP en février 2022 à ce sujet, le ministre de l'Immigration a nié, pointant du doigt "des forces malveillantes qui veulent exploiter la frustration (...) et semer la défiance et la division dans la société suédoise".
Quelques années auparavant, en 2007, c'est Lars Vilks qui avait défrayé la chronique en publiant un dessin du prophète Mahomet avec un corps de chien. Le Suédois a été l'objet de multiples agressions. Notamment en 2015, quand un homme, vraisemblablement radicalisé en prison, a ouvert le feu contre le centre culturel de Copenhague où il devait s'exprimer.
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