Bombardements continus, pénuries, coupures d'électricité... Depuis l'attaque orchestrée par le Hamas contre Israël, le samedi 7 octobre dernier, la riposte de l'État hébreu ne faiblit pas contre la bande de Gaza. Les frappes aériennes ont déjà fait 2750 morts dont des centaines d'enfants, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste palestinien. Plus d'un million de personnes ont fui le nord du territoire côtier pour rallier le sud, à l'appel de Tel-Aviv qui prépare une offensive terrestre imminente. Mais la situation des civils sur place inquiète toujours l'ONU et plusieurs ONG. "Il n'y a aucune sécurité, pas de nourriture, pas d'eau", a confirmé sur LCI Iyad Alasttal, un habitant du sud de l'enclave, dans la vidéo ci-dessous.
"Il n'y a pas vraiment d'endroits sûrs parce que les frappes israéliennes n'ont pas cessé depuis le début de cette guerre contre la bande de Gaza", a-t-il insisté. Selon lui, "l'armée israélienne n'a respecté aucun accord, même ceux menés par l'ONU" sur place. "On craint de nouvelles frappes et des morts", a-t-il déploré. "Moi, je me sens pas en sécurité, même à la maison. Les frappes peuvent cibler même les maisons des civils."
Par ailleurs, le sud de l'enclave doit faire face à l'afflux de plus d'un million de personnes qui ont fui dans la panique le nord de l'enclave, sur les 2,4 millions d'habitants que compte le territoire de 362 km2. "Parmi eux, certains ont été attaqués par l'armée israélienne alors qu'ils étaient en train de se déplacer" pour fuir, a accusé Iyad Alasttal, déplorant une "situation très dramatique" même dans cette zone.
Il a déploré également des "coupures d'électricité et d'eau" décidées par Israël. Si l'eau est revenue dans certaines localités du sud, la situation reste toujours très tendue. "De nombreuses personnes attendent devant les boulangeries pour acheter du pain, les marchés sont vides, hormis des légumes. Les gens essaient de trouver de la nourriture, les médicaments c'est la même chose", a-t-il décrit, déplorant une "situation catastrophique".
Ces dernières heures, l'ONU a alerté sur une "catastrophe humanitaire inédite" en cours à Gaza. "Pas une goutte d'eau, pas un grain de blé, pas un litre de carburant n'a été autorisé à entrer à Gaza ces huit derniers jours", a déploré Philippe Lazzarini, le chef l'agence pour les réfugiés palestiniens (Unrwa). La coordonnatrice humanitaire de l'ONU pour le Territoire palestinien occupé, Lynn Hastings, a quant à elle regretté qu'Israël "associe l'aide humanitaire à Gaza à la libération des otages", capturés par les combattants du mouvement islamiste. "Ils ont dit qu'ils voulaient détruire le Hamas, mais leur trajectoire actuelle va détruire Gaza", s'est-elle alarmée.
Des informations ont fait état lundi matin d'une trêve en vue de l'évacuation de ressortissants étrangers présents dans l'enclave palestinienne, rapidement démenties par Israël. "Il n'y a pas de cessez-le-feu et d'entrée d'aide humanitaire dans Gaza en échange de la sortie d'étrangers", a indiqué le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Sur lemême thème