L'espoir aura été de courte durée pour les opposants de l'A69. Alors qu'une réunion s'est tenue, vendredi 13 octobre, autour du projet d'autoroute controversé entre Toulouse et Castres, le gouvernement a mis les choses au clair lundi. Dans un communiqué envoyé par le ministère des Transports, il s'est dit "déterminé" à faire aboutir le projet "décidé démocratiquement et confirmé systématiquement par le juge". Ainsi, "le chantier se poursuivra dès ce lundi", ont indiqué les autorités.
Cette décision a été prise après la réunion de Castres lors de laquelle "une très large majorité des élus locaux, représentants légitimes du territoire dans notre démocratie, a réaffirmé sans ambiguïté son soutien à l'autoroute", selon le ministère. Pourtant à l'annonce de la tenue de cette rencontre, des opposants au projet, dont le militant écologiste et défenseur des arbres Thomas Brail, avaient interrompu une grève de la soif entamée la veille et une grève de la faim commencée un mois auparavant.
Mais la décision est tombée lundi matin. Le ministre des Transports, Clément Beaune, a assuré qu'un "dialogue approfondi" avait été mené. "Le soutien des élus de la République a été réaffirmé. Il faut donc avancer. J'appelle chacun à la responsabilité et au respect des décisions démocratiques et juridiques. Force restera à la loi et à l'État de droit", a-t-il appelé dans le communiqué. Face à cette décision, les opposants à l'A69, qui réduirait à environ une heure au lieu de 1h20 le trajet Castres-Toulouse, ont appelé à une mobilisation les 21 et 22 octobre sur le tracé, sans en préciser le lieu exact.
Les élus du territoire affirment que la construction de l'A69 est une "absolue nécessité" pour désenclaver les bassins de population. Selon le président PS du conseil départemental du Tarn, Christophe Ramond, les familles ont besoin d'une voiture ou deux au quotidien. "Non pas par passion de la bagnole, mais parce que dans nos territoires ruraux et montagneux, sevrés de transports en commun, avoir un véhicule est indispensable pour se déplacer", argue l'élu.
De leur côté, les opposants dénoncent un projet dévastateur pour l'environnement. Le mouvement a reçu le soutien de plusieurs experts du Giec - les spécialistes du climat de l'ONU - dont la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte et le climatologue Christophe Cassou. Dans une tribune publiée dans L'Obs, ils ont assuré que "l'A69 est l'un de ces projets auxquels il faut renoncer", estimant qu'il "maintient la France sur une trajectoire incompatible avec la transition écologique telle qu'inscrite dans la loi".
Sur lemême thème