Ne pas se cacher derrière l'arbitrage… mais en parler quand même. Voilà, en somme, comment les Bleus ont réagi à chaud dimanche soir, quelques minutes après leur cruelle élimination en quarts de finale de "leur" Coupe du monde, face à l'Afrique du Sud (28-29). Car le score le montre bien, cette rencontre s'est jouée sur des détails. Les décisions de l'arbitre en font partie, et n'ont pas franchement emballé le XV de France.
"Certaines choses claires et évidentes à siffler ne l'ont pas été", a ainsi pesté le capitaine Antoine Dupont. "Je n'ai pas envie de faire l'aigri qui râle sur l'arbitrage parce qu'il a perdu le match, mais je ne suis pas certain que l'arbitrage ait été à la hauteur de l'enjeu." Qu'est-il reproché à Ben O'Keeffe, l'arbitre néo-zélandais de la rencontre ?
Dès le début de la rencontre, les décisions du corps arbitral interrogent. Alors que les Bleus mènent déjà 7-0 grâce à un essai de Cyril Baille transformé par Thomas Ramos, ils poussent pour inscrire un deuxième essai et prendre le large (7'). À cinq mètres de l'en-but sud-africain, Damian Penaud tente de décaler Louis Bielle-Biarrey sur son aile gauche... sauf que le deuxième ligne Eben Etzebeth empêche de la main droite la transmission. Immédiatement, les Bleus lèvent les bras : ils réclament un en-avant volontaire, ce qui leur aurait offert une pénalité.
L'arbitre, à deux mètres de l'action, ne bronche pas. Le jeu se poursuit, les Springboks remontent tout le terrain... et inscrivent un essai pour recoller à 7-7. Le premier tournant dans cette partie. "Quand on mène 7-0 et qu'Eben Etzebeth coupe la trajectoire du ballon… C'était un temps très fort pour nous, qui n'est pas conclu", a regretté le sélectionneur Fabien Galthié, qui n'a toutefois pas voulu s'épancher sur l'arbitrage. "On aurait pu être à 12 ou 14 points, mais on se retrouve à 7-7."
Et ce n'est pas fini. Les Sud-Africains développent à nouveau leur jeu, profitent d'une erreur française et inscrivent un nouvel essai (7-12), auquel répondent rapidement Peato Mauvaka et les Français (12-12). Sur la transformation, excentrée sur la droite, Thomas Ramos a l'occasion de permettre aux Bleus de reprendre l'avantage. L'arrière français s'élance... et, fait rarissime, est contré par Gheslin Kolbe (voir vidéo ci-dessous).
Le Sud-Africain en a le droit : dès que le botteur entame sa course, les défenseurs, placés sur leur ligne d'en-but, peuvent s'approcher pour tenter de contrer. L'arbitre valide le processus. Au ralenti, les Français peuvent tout de même nourrir des regrets. Le centre des Springboks semble entamer son sprint avant que Thomas Ramos ne commence sa course d'élan. Pour l'arbitre, tout est une question d'interprétation. Nul ne sait si toutefois si la transformation du numéro 15 tricolore, dans un angle assez fermé, serait passée entre les perches et aurait offert deux points de plus aux Bleus.
C'est l'une des caractéristiques du rugby sud-africain : imposer une puissance physique monstrueuse lors des contacts. La rencontre de dimanche n'y a pas échappé. Tout au long du match, les Springboks ont mis à mal la défense française. Certains contacts ont été contestés auprès de l'arbitre, pour des mains ou des coudes un peu trop en avant au goût des Tricolores.
Tout comme ...
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