Les parallèles sont aveuglants et douloureusement évidents. Une attaque surprise contre un Israël pris en grande partie par surprise ; une force militaire envahissante ; le timing, un jour saint début octobre ; les victimes, une population sans méfiance obligée de se précipiter vers des abris anti-bombes souterrains et de se mobiliser pour la guerre ; les erreurs d’un appareil de renseignement qui fait l’envie du monde entier.
Mais l’attaque surprise qui a eu lieu en Israël le week-end dernier est sans doute pire que celle qui a déclenché la guerre du Kippour en 1973. Le Hamas, une organisation de guérilla qui contrôle la bande de Gaza, a déjà tué beaucoup plus de civils israéliens au cours des premiers jours de la guerre. cette guerre que l’Égypte et la Syrie, nations souveraines dotées d’armées nationales, tuées lors de la guerre d’octobre il y a 50 ans. Le Hamas a frappé des cibles situées au plus profond des villes israéliennes. L’ampleur et la sophistication des attaques du week-end dernier – menées en plusieurs endroits et impliquant des milliers de combattants – impliquent que cette offensive était en préparation depuis plusieurs mois, voire plus. Et la collecte de renseignements aurait dû être plus facile à Gaza, où Israël est réputé disposer de systèmes de surveillance massifs, qu’elle ne l’était en Égypte et en Syrie au début des années 1970. Comment Israël aurait-il pu rater la planification de cet assaut ? Les premières explications avancées par les experts et les journalistes suggèrent que le problème était en grande partie une question de collecte de renseignements. Peut-être qu’Israël s’est appuyé de manière excessive sur le renseignement électromagnétique et d’autres sources électroniques, et que le Hamas a appris à contourner la détection, par exemple en utilisant des drones pour désactiver les systèmes le long de la frontière. Une autre possibilité est qu’Israël n’ait pas suffisamment, ou suffisamment crédibles, de sources de renseignements humains au sein du cercle restreint du leader politique du Hamas, Ismail Haniyeh, ou n’ait pas eu accès aux plans de son commandant militaire, Mohammed Deif. En 1973, les Israéliens disposaient d’une source humaine haut placée : le gendre du défunt président égyptien Gamal Abdel Nasser, Ashraf Marwan, qui était également un proche conseiller du président Anwar Sadat. Une troisième théorie est que les renseignements israéliens ont été distraits par une multitude de menaces ; une grande partie de l’armée israélienne était stationnée près de la Cisjordanie avant l’attaque de ce week-end. Enfin, le Hamas aurait pu recourir à la tromperie, en faisant croire à Jérusalem que le groupe était prêt à accepter la normalisation des relations entre Israël et les pays arabes. En 1973, les Égyptiens ont eu recours à un exercice militaire régulier pour dissimuler leurs préparatifs de guerre.
Mais les échecs du renseignement peuvent aussi être le produit d’un manque d’imagination. La désorganisation et la lenteur de la réponse israélienne samedi suggèrent fortement que les dirigeants politiques et militaires du pays pourraient souffrir des mêmes idées fausses psychologiques que le Premier ministre israélien Golda Meir et ses conseillers – et certains membres du gouvernement américain – en 1973. Dans les deux cas, Les dirigeants israéliens semble...
[Courte citation de 8% de l'article original]