Critique : « Frasier » revient, jeté, brouillé et crucifiant aux œufs

New York Times - 12/10
L’un des personnages les plus anciens de la télévision est relancé, dans une reproduction muséale décevante de l’original.

« Frasier » s’est toujours considéré comme quelque chose de plus qu’une simple sitcom plébéienne. Il se réjouissait des plaisanteries à la Noel Coward. Son protagoniste, le radiopsychiatre Frasier Crane (Kelsey Grammer), a clôturé sa dernière émission en récitant « Ulysse » d’Alfred, Lord Tennyson.

Alors permettez-moi de commencer mes réflexions sur « Frasier », la reprise par Paramount+ de la suite de longue date de « Cheers », avec des mots auxquels son principal homme de lettres pourrait prêter attention, tirés du poème « Terminus », de son compatriote de Harvard, Ralph Waldo. Emerson :

Il est temps d'être vieux, de prendre la voile : — Le dieu des limites, qui met un rivage en mer, est venu vers moi dans ses rondes fatales, et a dit : « Plus rien !

Hélas, « Plus rien ! » n’est pas une expression dans le vocabulaire de l’industrie de la télévision en streaming. Jeudi, Frasier Crane devient le dernier personnage classique à mettre le cap sur un retour médiocre et anticlimatique, au diable le dieu des limites.

La dernière fois que nous avons vu Frasier, il avait laissé passer une chance de devenir une célébrité à la télévision et avait quitté Seattle pour Chicago pour être avec son nouvel amour, Charlotte (Laura Linney). Le nouveau « Frasier », développé par Chris Harris et Joe Cristalli, supprime cette clôture narrative gênante en une dizaine de secondes d'exposition. Après...
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