Donald Trump a quitté le pouvoir depuis janvier 2021. Pourtant l'une de ses réalisations continue de se bâtir : le mur frontalier entre le Mexique et les États-Unis. Le 5 octobre dernier, l'administration Biden a annoncé en catimini la construction d'une nouvelle section, dans le sud-est. Une mesure que le président a tenté de minimiser publiquement, mais qui pourrait bien être une stratégie politique.
En train ou à pied, depuis janvier, 245.000 clandestins ont tenté d'entrer sur le territoire américain via le Rio Grande, à la frontière avec le Mexique. En un an, cela représente une augmentation de l'ordre de 20%. Parfois arrêtés par la police aux frontières mexicaine, les migrants retentent souvent leur chance dès le lendemain. Au péril de leur vie, les candidats à l'immigration s'entassent par centaines sur les toits de ce train de marchandises en direction des États-Unis, que l'on voit dans le reportage de TF1 ci-dessus. Des images comme celles-ci, les Américains en voient tous les jours ou presque, depuis des mois.
Face à cette situation, le président démocrate a donc fait cette annonce inattendue. Près de 30 kilomètres de mur supplémentaires seront construits le long du Rio Grande, le fleuve qui marque la frontière avec le Mexique sur plus de 2000 kilomètres. Le locataire de la Maison-Blanche affirme ne pas avoir le choix. "La loi budgétaire qui finançait la construction du mur était déjà sur les rails. Je n'ai pas pu l'arrêter", s'est défendu Joe Biden dans la foulée de l'annonce discrète de cette mesure. Devant les journalistes, il l'assure encore : ce mur sera totalement inefficace pour lutter contre l'immigration illégale.
Pas un seul mètre supplémentaire ne sera construit.
Joe Biden, alors candidat à la présidence des États-Unis
La décision était pour le moins surprenante puisqu'elle représente un revirement complet par rapport à ses engagements de campagne. Dès son arrivée à la Maison-Blanche en 2021, il avait fait cesser la construction du mur. "Pas un seul mètre supplémentaire ne sera construit sous ma présidence", avait-il promis quelques mois plus tôt, lors de la campagne présidentielle.
Depuis cent ans, des barrières sont régulièrement érigées entre le Mexique et les États-Unis. Avant l'élection de Donald Trump en 2016, 1000 km existaient déjà. C'est lui qui a transformé cette construction en argument électoral de poids. Sous sa présidence, il a rénové plusieurs centaines de kilomètres du mur, et en a construit de nouvelles parties.
Ces derniers mois, de nombreuses villes américaines se sont retrouvées débordées et ne savent plus comment accueillir ces migrants. C'est le cas, notamment, de Chicago, New York ou San Diego. Elles sont, toutes les trois, dirigées par un élu démocrate. Rien que pour New York, plus de 10.000 nouveaux migrants économiques et demandeurs d'asile sont enregistrés chaque mois. Une situation qui ne doit rien au hasard, puisque dans certains cas ce sont des gouverneurs républicains qui affrètent eux-mêmes des bus et avions pour envoyer des migrants dans les zones démocrates.
Avec cette décision, Joe Biden a sans doute voulu donner des gages à la droite républicaine, horrifiée à l'idée de voter Trump lors de la présidentielle en 2024. Mais, dans le même temps, il a provoqué la colère d'une partie des démocrates. Alors même que son âge et sa capacité à gagner les prochaines élections suscitent des doutes dans son propre camp. Cette décision concernant "le Mur" est probablement un choix politique qui pourrait le fragiliser bien plus que prévu.
En octobre 2022, il y a tout juste un an, la presse américaine avait déjà révélé que l'administration Biden renforçait certaines sections du mur situées à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Et ce, à quelques semaines des élections de mi-mandat.
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