Rétractation de Takieddine dans l'affaire du financement libyen : Nicolas Sarkozy doublement mis en examen

LCI - 06/10
[VIDÉO] - L'ancien président a été mis en examen, ce vendredi, notamment pour "recel de subornation de témoin" après le revirement de Ziad Takieddine, fin 2020. Les juges interrogeaient Nicolas Sarkozy depuis mardi dans l'enquête sur des manœuvres frauduleuses pour le disculper des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle 2007.

L'ancien président a été mis en examen, ce vendredi, notamment pour "recel de subornation de témoin" après le revirement de Ziad Takieddine, fin 2020.
Les juges interrogeaient Nicolas Sarkozy depuis mardi dans l'enquête sur des manœuvres frauduleuses pour le disculper des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle 2007.

Nicolas Sarkozy a été doublement mis en examen, ce vendredi 6 octobre, dans l'affaire des manœuvres frauduleuses pour le disculper des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle 2007, a appris l'AFP de source judiciaire. D'après cette source, il a été mis en examen pour recel de subornation de témoin, concernant la rétractation de l'intermédiaire Ziad Takieddine de ses accusations contre lui fin 2020, et participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre l'infraction d'escroquerie au jugement en bande.

Après une trentaine d'heures d'interrogatoire sur trois jours, l'ex-chef de l'État (2007-2012) était arrivé vers 9h40 au Tribunal judiciaire de Paris, ont constaté des journalistes de l'AFP. Il a une dernière fois été interrogé par les magistrats financiers chargés de l'information judiciaire ouverte en mai 2021 sur l'opération appelée "Sauver Sarkozy" par l'un des mis en cause. 

Au moins neuf protagonistes soupçonnés de manœuvres

La justice s'intéressait aux manœuvres qui auraient été élaborées par au moins neuf protagonistes, impliqués à des degrés et moments divers : la reine des paparazzis Mimi Marchand, l'intermédiaire Noël Dubus, déjà condamné pour escroquerie, le défunt financier Pierre Reynaud, le puissant chef d'entreprise David Layani, etc. Leur objectif aurait d'abord été d'obtenir la rétractation des accusations du sulfureux intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine contre Nicolas Sarkozy, fin 2020 contre une possible rémunération. Ce revirement avait donné lieu à une retentissante interview sur BFMTV et Paris Match, point de départ de l'enquête.

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Puis, au premier semestre 2021, certains d'entre eux auraient tenté d'obtenir une preuve que le retentissant document libyen publié dans l'entre-deux-tours de la présidentielle 2012 par Mediapart et évoquant un financement à hauteur de 50 millions d'euros, était un faux.

Ou encore à corrompre des magistrats libanais pour qu'ils libèrent un fils Kadhafi détenu dans ce pays, afin que la famille du défunt dictateur libyen facilite la mise hors de cause de M. Sarkozy.

Pour les enquêteurs, selon un chiffrage récemment établi, au moins 608.000 euros auraient pu être utilisés dans cette opération, dont les protagonistes contestent la teneur frauduleuse.

M.M avec AFP

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