Quand on n’écoute pas ses propres limites, il arrive qu’on atteigne un point de rupture dans son travail, qui nous mène au burn-out. Mais comment s’en sortir, comment reprendre le pas sur sa vie professionnelle ? Sophie Cot-Rascol, psychologue clinicienne et conseil en santé au travail, nous livre les grandes étapes d‘une reconstruction.
Trop de travail, trop d’investissement personnel, trop peu de recul… Aboutissent chez beaucoup à ce qu’on appelle un burn-out. Mais une fois que le mal est fait, comment peut-on remonter la pente et envisager un retour dans la vie professionnelle ? Sophie Cot-Rascol psychologue clinicienne et conseil en santé au travail chez Empreinte Humaine, nous éclaire.
Généralement, quand un burn-out est avéré, quand il y a eu ce processus qui va jusqu’à l’effondrement de la personne, il y a impossibilité à continuer à travailler. "Le salarié concerné ne peut pas faire l’économie d’une période de repos, de restauration, et un arrêt de travail est nécessaire" annonce la psychologue. C’est une première étape, mais elle ajoute qu’un arrêt maladie ne sera pas suffisant pour se reconnecter à une activité professionnelle, que ce soit dans le même environnement ou un tout autre projet.
Le burn-out intervient quand deux facteurs de risques se rencontrent : un facteur organisationnel lié à l’environnement de travail, et un facteur plus humains individuel. "On sait aujourd’hui que certains profils sont plus à risques : les salariés qui vont être très impliqués, engagés, nourris par leur travail au point qu’ils vont y mettre beaucoup d’eux-mêmes, pas suffisamment à l’écoute de signes qui leur disent 'attention, là tu t’investis trop, là tu ne penses pas à toi'". Mais c’est aussi sur ce facteur qu’il est possible de travailler avec un professionnel de santé : reconnaître un profil trop investi pour amener à développer des facteurs de protection individuelle et retrouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
Ce travail individuel avec un professionnel doit aussi aller vers l’affirmation de soi, et la possibilité de dire non. "Comme ce sont des personnes impliquées dans le travail, elles ne s’autorisent plus à refuser ou reporter une tâche ou quand une demande de travail supplémentaire viendrait se surajouter à ce qu’elles peuvent supporter" relate la psychologue. Une partie du travail consiste alors à savoir dire non, ou à déléguer.
De même, il s’agit aussi de travailler sur les pensées automatiques, "ce sont des salariés qui ont tendance à penser qu’ils n’en font jamais assez ou avec une qualité insuffisante comme si de manière latente ils se disent 'je dois en faire plus pour être mieux reconnu, pour mieux aider, pour mieux répondre à ce qu’on attend de moi'". Sauf que cette demande n’est pas forcément réelle. Il faut aider cette personne à voir des perceptions personnelles plus adaptées à la réalité. Et les inviter à se demander "est ce que j’ai répondu à la demande ?" Si la réponse est oui, pas besoin de rechercher de la "surqualité professionnelle" qui nous met en danger.
Pour notre experte, tout ce travail individuel s’effectue au mieux auprès d’un psychologue. "Mais le but est également de donner des techniques pour que la personne se gère en autonomie et qu’elle ne dépende plus de professionnel pour trouver son équilibre. Il s’agit de techniques de gestion du stress, pour souffler et retrouver son équilibre, qui sont importantes pour la suite."
Après tout ce travail sur soi, le retour dans le monde professionnel peut s...
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