LA MÉMOIRE LA PLUS SECRÈTE DES HOMMES, de Mohamed Mbougar Sarr. Traduit par Lara Vergnaud.
En 1968, le Prix Renaudot, l'un des prix littéraires les plus prestigieux de France, a été décerné à un écrivain malien de 28 ans nommé Yambo Ouologuem pour son roman très acclamé « Le Devoir de Violence » (publié en anglais sous le titre « Bound to Violence » en 1971). Quatre ans plus tard, il est accusé d'avoir dérobé des passages de livres de Graham Greene et du romancier français André Schwarz-Bart. L'incident a forcé Ouologuem non seulement à disparaître des projecteurs, mais aussi du monde littéraire tout court. Il n'a plus jamais publié après le scandale, et « Le Devoir de Violence » ne sera réimprimé en France qu'en 2018, un an après sa mort au Mali.
Les lecteurs de « La Mémoire la plus secrète des hommes » de Mohamed Mbougar Sarr – lauréat du Prix Goncourt 2021 (le prix littéraire le plus prestigieux de France) et désormais publié dans la traduction anglaise de Lara Vergnaud – reconnaîtront peut-être le destin tragique d'Ouologuem et sa carrière littéraire retardée. dans l'énigme centrale du roman : un écrivain sénégalais du nom de T.C. Élimane. (Pour ceux d’entre nous qui sont un peu lents à comprendre, Sarr a dédié son roman à Ouologuem.)
Le fictif Elimane est l’auteur de « Le Labyrinthe de l’inhumanité », publié en 1938 et...
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