Un roman revient sur un écrivain africain terni par le scandale

New York Times - 02/10
« La mémoire la plus secrète des hommes », de Mohamed Mbougar Sarr, s'intéresse à une affaire de plagiat et à la place de la littérature africaine en Occident.

LA MÉMOIRE LA PLUS SECRÈTE DES HOMMES, de Mohamed Mbougar Sarr. Traduit par Lara Vergnaud.

En 1968, le Prix Renaudot, l'un des prix littéraires les plus prestigieux de France, a été décerné à un écrivain malien de 28 ans nommé Yambo Ouologuem pour son roman très acclamé « Le Devoir de Violence » (publié en anglais sous le titre « Bound to Violence » en 1971). Quatre ans plus tard, il est accusé d'avoir dérobé des passages de livres de Graham Greene et du romancier français André Schwarz-Bart. L'incident a forcé Ouologuem non seulement à disparaître des projecteurs, mais aussi du monde littéraire tout court. Il n'a plus jamais publié après le scandale, et « Le Devoir de Violence » ne sera réimprimé en France qu'en 2018, un an après sa mort au Mali.

Les lecteurs de « La Mémoire la plus secrète des hommes » de Mohamed Mbougar Sarr – lauréat du Prix Goncourt 2021 (le prix littéraire le plus prestigieux de France) et désormais publié dans la traduction anglaise de Lara Vergnaud – reconnaîtront peut-être le destin tragique d'Ouologuem et sa carrière littéraire retardée. dans l'énigme centrale du roman : un écrivain sénégalais du nom de T.C. Élimane. (Pour ceux d’entre nous qui sont un peu lents à comprendre, Sarr a dédié son roman à Ouologuem.)

Le fictif Elimane est l’auteur de « Le Labyrinthe de l’inhumanité », publié en 1938 et...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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