COLLISION DU POUVOIR : Trump, Bezos et le Washington Post, par Martin Baron
Environ un an et demi après avoir acquis le Washington Post pour 250 millions de dollars en 2013, Jeff Bezos a demandé à ses dirigeants de lui trouver un slogan. « Une idée à laquelle je veux appartenir », telle était la directive de Bezos, le fondateur d’Amazon. "Je paierais facilement 100 $ pour être associé à cette idée."
Le journal a convoqué des comités et embauché des consultants en image de marque. Ils ont atterri sur « Un peuple libre exige de savoir », mais MacKenzie Scott, l’épouse de Bezos à l’époque, l’a rejeté. Le slogan qu’il a finalement approuvé, « La démocratie meurt dans l’obscurité », a été dévoilé en février 2017, quelques semaines après le début de la présidence de Donald Trump. Ce fut un succès auprès des lecteurs, même s’il inquiéta Martin Baron, rédacteur en chef du journal, qui insista : « Nous ne sommes pas en guerre contre l’administration. Nous sommes au travail.
La « Collision du pouvoir : Trump, Bezos et le Washington Post » de Baron est moins un mémoire traditionnel qu’une chronique captivante et étroitement observée de la politique et du journalisme au cours d’une décennie de troubles. (Baron a rejoint The Post en 2013 et a pris sa retraite en 2021.) Sur fond de bouleversements électoraux, de mouvement #MeToo, d'une nomination contestée à la Cour suprême, de deux procès en destitution et d'une insurrection, son livre monumental raconte trois histoires distinctes mais qui se chevauchent.
La première est celle d’une presse qui lutte pour donner un sens à un démagogue débridé par les normes et les frontières conventionnelles, qui a habilement positionné la presse comme son ennemie. Le livre s’ouvre sur Trump offrant ses réflexions à Bezos ; Baron; L'éditeur du Post, Fred Ryan ; et son rédacteur en chef, Fred...
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