L’Europe entrera dans son deuxième hiver depuis la fermeture des robinets des gazoducs russes avec des réserves record. À la fin de l’été, les stockages de gaz étaient remplis à 90 %, soit deux mois plus tôt que prévu. Mais les observateurs préviennent que la crise énergétique n’est pas encore terminée : l’Europe a certes réduit considérablement sa dépendance à l’égard du gaz russe, mais elle n’a jamais été aussi exposée aux chocs de prix sur le marché mondial.
Pendant plus d’une décennie, les gazoducs russes ont été la principale source de gaz importé d’Europe. À la suite de l’invasion de l’Ukraine, ces importations ont chuté des deux tiers par rapport à leur pic de 2019. À leur place, les gazoducs norvégiens sont devenus la plus grande source de gaz d’Europe.
Les États-Unis ont également profité du bouleversement énergétique de l’Europe. Les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance des États-Unis se sont élevées à près de 64 milliards de mètres cubes l'année dernière, contre zéro en 2015. Le GNL est un gaz qui a été refroidi à -160 °C, un processus qui le transforme en un liquide pouvant être transporté par bateau.
Les gouvernements européens s’attendent à ce que le gaz maritime continue à arriver. Actuellement, l’Espagne, le Royaume-Uni et la France possèdent le plus grand nombre de terminaux de traitement du GNL importé, représentant collectivement 60 % de la capacité du continent. Mais, selon l’Atlas de la transition énergétique de S&P Global, d’autres pays européens envisagent de développer de nouvelles capacités alors qu’ils recherchent des alternatives au gaz russe.
Ce plan est loin d’être infaillible. Le mois dernier, une violente hausse du marché de plus de 40 % en une seule journée a été déclenchée par l'annonce d'une grève des travailleurs d'un projet gazier en Australie....
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