Adam Smith ne propose-t-il pas une voie de sortie du capitalisme?

Thierry Pauchant - Le Devoir - 30/09
Le fait que la notion de «capabilisme» ait émergé de l’oeuvre du philosophe et économiste écossais peut surprendre.

Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie le défi de décrypter une question d’actualité à partir des thèses d’un penseur marquant.

L’accélération des crises écologiques et sociales incite à vouloir sortir du capitalisme. Mais vers quoi ? Le capitalisme se présente lui-même comme la source du progrès, engendré par l’évolution naturelle du monde. Cependant, on voit bien que le pouvoir des multinationales et de leurs lobbys sur nos vies n’a rien de naturel. Aussi, le capitalisme se propose souvent comme meilleur que sa prétendue alternative, le communisme. À la remarque « les infirmières sont sous-payées », on se fait alors demander : « Es-tu communiste ? » Ou à celle qui déplore les ravages du capitalisme sur l’environnement, on nous réplique que « le communisme a fait pire ».

Il existe cependant une autre voie, le « capabilisme » d’Adam Smith. Il vise à rendre les gens capables d’améliorer leur sort. Cette voie est bonifiée aujourd’hui par l’approche des capabilités d’Amartya Sen et les objectifs de développement durable, promotionnés depuis 2015 par les Nations unies (ONU). Pour António Guterres, secrétaire général de l’ONU, ce sont « les objectifs que le monde s’est fixés pour améliorer le sort de l’humanité ». Il a cependant ...
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