« Black Widow » : charge anti-patriarcale stéréotypée, mais distrayante

Philippe Guedj - LePoint - 07/07
Premier film Marvel depuis 2019, l'épopée solo de Natasha Romanoff marche sur un fil fragile, mais la réalisatrice Cate Shortland évite de justesse le vide.

Veuve noire : espèce d’araignée originaire d’Amérique du Nord et dont la femelle, occasionnellement, dévore le mâle après l’accouplement. Dimension sexuelle mise à part, Black Widow – le film – correspond assez bien au profil. Au fil de ses 134 minutes, le scénario de ce 24e long-métrage des usines Marvel/Disney ne fait qu’une bouchée de la gent masculine, dont les représentants se résument à : un père illégitime/ivrogne/lâche, un bon copain soumis et utileou une pure ordure symbole de la pire forme de patriarcat. Fidèle à la tradition Disney, Marvel Studios prend bien soin d’orienter chacune de ses productions dans le sens du vent. Et depuis environ 5 ans, le vent, à Hollywood, souffle une ligne féministe plus ou moins opportuniste, qui semble confondre la très légitime aspiration collective à une meilleure représentation des femmes avec une inversion simultanée du sens des clichés. Aux hommes le mauvais rôle, après tout ils l’ont bien cherché. Politiquement, c’est correct. Scénaristiquement, hélas, c'est devenu prévisible et très visible.

Black Widow rejoint la tendance, mais n’en faisons pas tout un fromage : pas vraiment venimeux, le premier Marvel à sortir en salle depuis deux ans (crise sanitaire oblige) s’...
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