Flying Whales relance le dirigeable pour révolutionner le transport de marchandises

Céline Deluzarche - Futura Sciences - 06/07
Plus de 120 ans après les premiers ballons dirigeables, la startup girondine Flying Whales veut faire revivre ce moyen de transport qui présente de nombreux avantages. Soutenue par des partenaires...

Plus de 120 ans après les premiers ballons dirigeables, la startup girondine Flying Whales veut faire revivre ce moyen de transport qui présente de nombreux avantages. Soutenue par des partenaires d'envergure, l'entreprise va faire voler en 2023 son premier ballon de transport de marchandises qui sera alors le plus grand engin volant au monde ! Son directeur de la communication, Romain Schalk, nous révèle les formidables perspectives de ce mode de transport.

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Créée en 2012, Flying Whales ambitionne de faire revivre le dirigeable, utilisé jadis pour le transport de marchandises. Après 5 années d'études et de développement, la start-up est passée à la vitesse supérieure et va construire l'an prochain sa première usine de fabrication près de Laruscade, à 43 km de Bordeaux, en Gironde. Soutenue par de très nombreux partenaires industriels et financiers (Air Liquide, ADP, Bouygues, BPI France, la Région Nouvelle Aquitaine...), la start-up lancera en 2023 son premier dirigeable baptisé LCA60T. Avec ses 200 mètres de long (l'équivalent de deux Airbus mis bout à bout) et ses 50 mètres de diamètre, le LCA60T sera la plus grosse machine volante au monde. Romain Schalk, le directeur de la communication de Flying Whales, nous explique comment ce nouveau moyen de transport va révolutionner de nombreux secteurs.

Comment est née l’idée de Flying Whales ?

Romain Schalk : Tout est parti d'une discussion avec l'Office national des Forêts (ONF) qui cherchait une solution pour exploiter plus de bois issu des forêts françaises, notamment afin de favoriser la construction en bois. Le problème est que ce bois se situe souvent dans les zones difficiles d'accès. On s'est alors rendus compte qu'il n'existait aucun solution de transport pour les charges lourdes. Soit on utilise un hélicoptère, mais la charge est limitée à 4 tonnes, soit on utilise des camions, mais ça nécessite de construire des routes, ce qui peut être dommageable pour l'environnement. En vol stationnaire, le ballon n'a pas besoin de se poser et peut emporter jusqu'à 60 tonnes. Aucun autre moyen de transport ne permet cela !

“Le dirigeable est un moyen d’aider les pays qui ne disposent pas de suffisamment d’infrastructures

Quelles autres missions pourrait remplir votre ballon ?

Romain Schalk : Il y en a plein ! On peut livrer sur site des pales d'éoliennes qui sont très encombrantes à transporter par la route. Nous travaillons aussi avec RTE pour le démantèlement des pylônes électriques, par exemple, lorsqu'on veut enterrer une ligne. Aujourd'hui, cette opération nécessite 9 allers-retours en hélicoptère pour démonter le pylône en plusieurs morceaux. Avec notre dirigeable, on enlève le pylône d'un seul tenant. Nous avons aussi des projets au Québec, où les dirigeables pourront être utilisés pour apporter du matériel dans les zones enclavées au nord. On pourra par exemple amener des pièces de maison préfabriquées ou assurer un service régulier de livraison de marchandises. Plus généralement, le dirigeable est un moyen d'aider les pays qui ne disposent pas de suffisamment d'infrastructures pour développer des zones isolées.

Vous avez même un projet dans le spatial ?

Romain Schalk : Oui. Nous étudions avec ArianeWorks la possibilité de récupérer un module de lanceur réutilisable atterrissant sur une barge en pleine mer, à plus de 400 km de côtes. Le LCA60T pourra ramener le lanceur directement au Centre spatial guyanais, ce qui fera gagner un temps précieux.

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