Séisme au Maroc : nouveau couac entre Paris et Rabat, les autorités démentent tout projet de visite d'Emmanuel Macron

LCI - 17/09
[VIDÉO] - La ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna avait assuré vendredi sur LCI qu'Emmanuel Macron avait été "invité" au Maroc. Une information démentie par Rabat, qui a rétorqué que cette visite n'était pas envisagée ni "programmée". Depuis des mois, les relations sont tendues entre les deux pays.

La ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna avait assuré vendredi sur LCI qu'Emmanuel Macron avait été "invité" au Maroc.
Une information démentie par Rabat, qui a rétorqué que cette visite n'était pas envisagée ni "programmée".
Depuis des mois, les relations sont tendues entre les deux pays.

Aucune invitation n'a été lancée. Une source gouvernementale marocaine a indiqué, samedi 16 septembre, qu'une visite d'Emmanuel Macron à Rabat n'était "pas à l'ordre du jour", réfutant des déclarations de la cheffe de la diplomatie française. Un nouveau couac entre la France et le Maroc, sur fond de tensions entre les deux pays, ravivées depuis le séisme qui a frappé la semaine passée la région de Marrakech. Interrogée sur LCI vendredi, Catherine Colonna avait pourtant indiqué que le président français était invité par le roi marocain Mohamed VI à effectuer une visite d'État.

"Le roi du Maroc a refait son invitation au président de la République il y a peu, cet été, lorsqu'ils s'étaient parlés", avait déclaré la ministre des Affaires étrangères. "Le président est invité, il nous reste à trouver des dates qui n'ont pas encore été trouvées." Une annonce réfutée en bloc par Rabat : cette visite "n'est pas à l'ordre du jour et n'est pas programmée", a indiqué une source gouvernementale marocaine à l'agence de presse officielle du pays, la MAP. Catherine Colonna s'est "donné la liberté de faire une annonce non concertée concernant une échéance bilatérale importante", a critiqué cette source, non identifiée.

"Des polémiques qui n'ont pas lieu d'être"

Les relations entre le Maroc et la France, ancienne puissance coloniale où vit une importante diaspora marocaine, sont tendues depuis qu'Emmanuel Macron s'efforce de se rapprocher de l'Algérie. Le pays a rompu en 2021 ses relations diplomatiques avec Rabat, accusé d'"actes hostiles". Le Maroc reproche aussi à la France de ne pas s'aligner sur les États-Unis et Israël qui ont reconnu la "marocanité" du Sahara occidental, contrôlé à près de 80% par le pays. "Nos relations ne sont ni bonnes ni amicales", avait répondu Rabat à Emmanuel Macron, qui assurait en mars dernier que sa relation avec le roi Mohammed VI était "amicale".

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Ces crispations se sont de nouveau manifestées cette semaine après le violent séisme qui a frappé la région de Marrakech, dans le centre du royaume, tuant près de 3000 personnes. Rabat n'a pas retenu l'aide proposée par Paris, entraînant "des polémiques qui n'ont pas lieu d'être", a regretté Emmanuel Macron.

Paris veut tout de même appeler à l'apaisement : "Les relations entre la France et le Maroc sont anciennes, elles sont marquées par une profonde amitié je pense entre les deux peuples", a insisté Catherine Colonna vendredi. Elle a dit souhaiter qu'une visite du président puisse "permettre à nos deux pays de se retrouver à la hauteur et de leurs aspirations et des intérêts qui sont les leurs, de part et d'autre".

M.L (avec AFP)

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