Pourquoi le Maroc ne veut pas de l’aide française ?

LCI - 11/09
[VIDÉO] - La France a très rapidement proposé son aide au Maroc, touché par un séisme meurtrier dans la nuit de vendredi à samedi. Mais le royaume n'y a pas répondu favorablement, acceptant le soutien de quatre pays seulement, dont l'Espagne et le Royaume-Uni. Une décision qui découle en partie de relations diplomatiques compliquées entre les deux pays, même si le gouvernement français refuse de polémiquer.

La France a très rapidement proposé son aide au Maroc, touché par un séisme meurtrier dans la nuit de vendredi à samedi.
Mais le royaume n'y a pas répondu favorablement, acceptant le soutien de quatre pays seulement, dont l'Espagne et le Royaume-Uni.
Une décision qui découle en partie de relations diplomatiques compliquées entre les deux pays, même si le gouvernement français refuse de polémiquer.

"Ce n'est pas comme ça qu'il faut présenter les choses, c'est une mauvaise querelle, une querelle tout à fait déplacée." Ce lundi matin, la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna ne veut pas mettre d'huile sur le feu. Le fait que le Maroc n'ait pas accepté l'aide de la France pour venir en aide aux secours et aux victimes du séisme survenu dans le Haut-Atlas dans la nuit de vendredi à samedi est-il lié aux mauvaises relations diplomatiques entre Rabat et Paris ? "Non, je ne le crois pas", a également assuré le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin ce lundi matin. "Aujourd'hui il n'y a pas de polémique à avoir, (...) il ne faut pas que la France soit vexée", a abondé Farida Amrani sur TF1, députée LFI et vice-présidente du groupe d'amitié France-Maroc à l'Assemblée nationale. "Il faut vraiment respecter la souveraineté du Maroc et les laisser faire, et se tenir prêts." 

Pourtant, difficile de ne pas voir là une conséquence des relations dégradées entre les deux pays ces dernières années, en particulier depuis qu'Emmanuel Macron s'efforce de se rapprocher de l'Algérie - Maroc et Algérie entretiennent une rivalité de longue date que la question du Sahara occidental n'aide pas à apaiser. D'ailleurs, depuis des mois, il n'y a plus d'ambassadeur du Maroc en France et la visite du président français au Maroc ne s'est toujours pas concrétisée. En mars dernier, à Emmanuel Macron qui affirmait que sa relation avec Mohammed VI était "amicale", Rabat avait répondu : "Nos relations ne sont ni bonnes ni amicales".

La crise des visas en partie à l'origine des tensions

Le dossier le plus brûlant est le nombre de visas accordés aux voyageurs marocains : leur nombre a été divisé par deux par la France. Un moyen de pression sur le Maroc, accusé de freiner l'accueil de ses ressortissants en situation irrégulière visés par des expulsions du territoire français. L'affaire d'espionnage Pegasus empoisonne également les relations diplomatiques. Un consortium de médias internationaux avait mis en exergue la surveillance de quelque 50.000 personnes à travers le monde (femmes et hommes politiques, journalistes, militants des droits humains, etc.) par le biais d'un logiciel espion nommé Pegasus, mis au point par une société israélienne. Plusieurs gouvernements ont été mis en cause, dont celui du Maroc, qui n'a pas apprécié et n'a pas hésité à incriminer Paris. 

Aussi, en janvier dernier, le Parlement européen avait fait voter une résolution non contraignante demandant "instamment" aux autorités du royaume de garantir "la liberté d'expression et la liberté des médias", ainsi que de s'assurer que les "journalistes incarcérés" puissent bénéficier d'un "procès équitable". Rabat avait accusé les eurodéputés français de Renew, le groupe qui représente la majorité présidentielle d'Emmanuel Macron, d'en être à l'origine. 

Mais selon Catherine Colonna, les relations ne sont pas rompues. "Le président de la République a échangé à de nombreuses reprises avec le roi du Maroc, j'ai moi-même eu mon homologue du Maroc encore longuement hier", a-t-elle déclaré sur BFMTV ce lundi.

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Le Maroc n'exclut pas de "recourir aux offres de soutien présentés par d'autres pays amis"

Dans un communiqué diffusé dimanche, le Maroc avait indiqué avoir "répondu favorablement (…) aux offres de soutien formulées par les pays amis, que sont l'Espagne, le Qatar, le Royaume-Uni et les Émirats arabes unis". Mais il disait aussi qu'"avec l'avancement des opérations d'intervention, l'évaluation des besoins éventuels pourrait évoluer, ce qui permettrait de recourir aux offres de soutien présentées par d'autres pays amis, selon les besoins spécifiques de chaque étape".  

"Le Maroc est souverain, il est seul en mesure de déterminer quels sont ses besoins et le rythme auquel il souhaite que des réponses soient apportées à ces besoins", a estimé la ministre des Affaires étrangères. "C'est leur pays qui souffre, c'est leur pays qui organise les secours. (...) Nous leur faisons toute confiance pour...
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