Antoine Dupont fait souvent les gros titres, Damian Penaud n'en finit pas de marquer des essais (il a passé la barre symbolique des 30 réalisations en Bleus), Gaël Fickou régule la ligne arrière... Mais vendredi 8 septembre, en ouverture de la Coupe du monde, un autre maillon tout aussi essentiel au bon fonctionnement du XV de France à la sauce Fabien Galthié s'est illustré : l'infatigable Grégory Alldritt. Le Rochelais, casque vissé sur le crâne, flanqué du numéro 8 dans le dos, a rappelé à quel point il était indispensable, lors de la victoire des Bleus contre les All Blacks (27-13). Au four et au moulin, il a grandement participé au succès des siens, surnageant même au cours d'un premier acte difficile. Il a logiquement été élu "homme du match".
Si l'impact du joueur aux 43 sélections va souvent bien au-delà des chiffres, il a noirci la feuille de statistiques, étouffant progressivement les hommes à la fougère par son intensité et son impact physique. Toujours aussi disponible ballon en main (14 courses, 7 ballons portés), il a régulièrement gagné la ligne d'avantage, parcourant 71 mètres au total ballon en main (soit le sixième meilleur total du match, et le deuxième meilleur pour un Français). Un impact particulièrement précieux quand on sait à quel point les tricolores ont d'abord peiné à mettre en place leur jeu. Dans le même ordre d'idée, il a battu deux défenseurs.
Parfait relais entre avants et trois-quarts, à l'instar du toujours aussi précieux Charles Ollivon, il a réalisé 12 passes – le meilleur total pour un avant, deux unités de moins que Matthieu Jalibert pourtant à la baguette des attaques françaises – et trois passes après-contact (aucun joueur n'a fait mieux).
Un joueur pénétrant qui fait peu de fautes et qui n’a jamais de mauvaise note
Pierre-Henry Broncan
Non content d'impressionner avec le ballon, il a écœuré les Néo-Zélandais quand les Bleus en ont été privés. Il a asséné 15 plaquages, meilleur total après 80 minutes. Il n'en a manqué qu'un seul (soit un taux d'efficacité de 94%), faisant régulièrement reculer ses adversaires. Pour parfaire sa copie, il a également gratté deux ballons précieux.
À son débit tout de même, une pénalité concédée dans une équipe qui s'est, au global, montrée particulièrement disciplinée (seulement quatre fautes). Une légère faute qui n'est pas dans les habitudes du colosse casqué. "Il y a une dimension physique importante au sein du XV de France, avec des joueurs très lourds, très costauds, très massifs. Grégory Alldritt – un joueur pénétrant qui fait peu de fautes et qui n’a jamais de mauvaise note – en est le symbole parfait", décrivait dans nos colonnes, avant le début de la compétition, Pierre-Henry Broncan, membre du staff de l'Australie.
A powerhouse performance Congratulations to @FranceRugby 's Gregory Alldritt on being the @Mastercard #POTM after a fantastic display in Paris #FRAvNZL #RWC2023 #Priceless pic.twitter.com/laxVDQEMM6 — Rugby World Cup (@rugbyworldcup) September 8, 2023
Comme à son habitude, le réservé 3e ligne centre n'a pas tiré la couverture à lui, préférant louer le travail de ses partenaires après le coup de sifflet final "Ça nous tenait à cœur de montrer une belle attitude et de mettre une grosse intensité. On a été consistants pendant 80 minutes et c'est grâce à ça qu'on a pu gagner", souligne-t-il au micro de TF1. Et, rappelle-t-il, il ne s'agit que d'une "entrée en lice, on n'est pas champions du monde".
"Il ne faut pas oublier qu'il y a match dans six jours. Il va falloir bien récupérer et récupérer vite", ajoute-t-il, en référence à la confrontation contre l'Uruguay programmée jeudi 14 septembre (21h, en direct sur TF1 et MYTF1 et en live commenté sur TF1Info).
Une rencontre que Grégory Alldritt et les siens devront négocier pour ne pas ruiner tous les efforts consentis contre les hommes en noir.
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