VIDÉO - Laurent Lafitte dans la peau de Bernard Tapie sur Netflix : "Je me suis éclaté !"

LCI - 09/09
[VIDÉO] - Sociétaire de la Comédie-Française, Laurent Lafitte est exceptionnel dans "Tapie", la série Netflix disponible le 13 septembre. Durant sept épisodes menés à un rythme d’enfer, il incarne l’homme d’affaires, de son ascension à sa chute. TF1info est allé le rencontrer pour connaître les secrets d’une performance qui fera date dans sa carrière.

Sociétaire de la Comédie-Française, Laurent Lafitte est exceptionnel dans "Tapie", la série Netflix disponible le 13 septembre.
Durant sept épisodes menés à un rythme d’enfer, il incarne l’homme d’affaires, de son ascension à sa chute.
TF1info est allé le rencontrer pour connaître les secrets d’une performance qui fera date dans sa carrière.

Ne le dites pas trop fort, mais ça pourrait bien être le rôle de sa vie. Dans Tapie, la mini-série en sept épisodes de Tristan Séguéla et Olivier Demangel, disponible le 13 septembre sur Netflix, Laurent Lafitte livre une performance jubilatoire. Tour à tour drôle, charmeur et tragique, sombre, magnétique et ridicule, il incarne avec brio l’homme qui a fasciné la France pendant plus de trois décennies, de sa brève carrière de chanteur de charme au scandale de corruption du match VA-OM qui a précipité sa chute. Tout ça sans jamais sombrer dans la caricature. Mais comment a-t-il fait ? C’est ce que TF1info est allé lui demander. 

Quand on vous propose de jouer Bernard Tapie, vous vous dites que c’est un challenge ? Un truc de fou ? Que ça fait peur ? 

Je me dis tout ça en même temps ! Et puis, après, j’arrête de me poser ces questions-là et je l’aborde comme un personnage. Sauf que normalement, les personnages que je joue ne prennent vie que lorsque je les incarne. Alors que là tout le monde connaît le personnage avant que je m’y frotte. C’est la seule différence. Très vite, avec Tristan Séguéla, on s’est dit que je n’allais pas entrer dans un travail "à l’américaine" de mimétisme absolu, d’imprégnation totale à partir des archives, en trouvant l’exactitude de la voix par exemple. Mais que j’allais partir de ce qui avait infusé en moi, du personnage que j’ai vu évoluer toute ma vie comme tous les Français. Que ça allait être ça la base, le point de départ de mon incarnation. Et que les libertés qui étaient prises à l’écriture, l’équilibre entre réalité et fiction, seraient les mêmes dans l’interprétation. Il y a une partie de Tapie et il y a une partie de moi. Je ne disparais pas dans le personnage.

Il est tout le temps dans la séduction, il veut tout le temps convaincre

Laurent Lafitte

C’est difficile de ne pas ressentir votre jubilation à le jouer à tous les stades de son ascension. Vous vous êtes éclaté, non ? 

Je me suis éclaté, oui. Déjà parce que j’aime beaucoup le théâtre, beaucoup le dialogue, l’écriture. J’ai parfois la nostalgie du cinéma à l’ancienne avec le réalisateur, le scénariste, le dialoguiste parce que ça produisait des choses incroyables. Tristan et Olivier ont réussi à faire les trois et je suis presque un peu jaloux. C’était tellement bien écrit… Tapie, c’est un personnage qui passe beaucoup par le verbe. Il est tout le temps dans la séduction, il veut tout le temps convaincre, il veut tout le temps éblouir, embarquer. Il est tout le temps en mouvement. C’est un personnage épuisant, mais passionnant, excitant… et très drôle ! Il y a beaucoup de moments où il fait rire dans la série, y compris malgré lui. Il y a une dimension de comédie très réjouissante.

Ça vous est arrivé de vous regarder dans la glace et de "jouer" à Bernard Tapie ? 

Ah non, surtout pas ! Je ne travaille jamais devant une glace. Jamais. Je déteste avoir conscience de ce que je suis en train de faire, au contraire. Je ne fais qu’essayer de ne plus penser à moi quand je joue. Et le miroir, c’est l’ennemi total. D’ailleurs, je ne vais même pas voir les prises pendant le tournage. Je fais confiance au réalisateur.

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La morale du personnage est questionnée à plusieurs reprises dans la série. Est-ce que pour vous, il n’en a pas ? Ou bien, il n’a pas la même que vous et moi ? 

Je ne pense pas que ce soit un homme sans morale. Mais ce qui est intéressant, c’est qu’il s’agit justement de l’endroit où il est clivant. Si on doit prendre un moment qui résume bien tout ça, c’est l’affaire du match VA-OM. Pour certains, il semblerait que c’était un match que son équipe ne pouvait pas perdre, que Tapie voulait juste économiser ses joueurs, et que derrière, ils ont remporté la finale de la Coupe des Champions face à Milan. Point. Sauf que moralement, échanger une victoire assurée contre une somme d’argent… ça se discute ! C’est là qu’on choisit. Soit, on est du côté de Bernard Tapie qui va corrompre un match parce que d’autres le font déjà l’époque comme Berlusconi. Soit, on est du côté du joueur (Jacques Glassmann – ndlr) qui ne peut pas accepter e...
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