Vacanciers marocains morts en jet-ski : les gardes-côtes ont tiré après un "refus d'obtempérer", assure Alger

LCI - 03/09
[VIDÉO] - Deux vacanciers, dont un Franco-marocain, ont été tués par balles mardi, après s'être égarés en mer près de la frontière algérienne lors d'une sortie en jet-ski. Les médias marocains ont mis en cause les gardes-côtes algériens. En réponse, le ministère de la Défense d'Alger a affirmé dimanche que ses forces avaient tiré car les touristes avaient refusé de sortir de leurs eaux territoriales, "franchi(es) clandestinement".

Deux vacanciers, dont un Franco-marocain, ont été tués par balles mardi, après s'être égarés en mer près de la frontière algérienne lors d'une sortie en jet-ski.
Les médias marocains ont mis en cause les gardes-côtes algériens.
En réponse, le ministère de la Défense d'Alger a affirmé dimanche que ses forces avaient tiré car les touristes avaient refusé de sortir de leurs eaux territoriales, "franchi(es) clandestinement".

Alors que la polémique enfle au Maroc, l'Algérie livre sa version. Trois jours après que des médias marocains ont relayé la mort de deux vacanciers, dont un Franco-Marocain, lors d'une virée en mer en jet-ski, le ministère de la Défense algérien a affirmé, ce dimanche 3 septembre, que "des tirs de sommation" avaient été effectués mardi par des gardes-côtes algériens puis des "coups de feu tirés" face à "un refus d'obtempérer" des touristes. 

Selon les médias marocains et des avocats qui ont dit vouloir porter plainte en France, Bilal Kissi, un vacancier franco-marocain, et l'un de ses proches, Abdelali Mechouar, titulaire d'un titre de séjour régulier en France, ont été tués par les garde-côtes algériens, après s'être égarés. Les deux victimes faisaient partie d'un groupe de touristes partis de la station balnéaire de Saïdia, située dans le nord-ouest du Maroc près de la frontière algérienne, pour faire du jet-ski, selon le témoignage du frère aîné de Bilal Kissi, Mohamed. L'homme, également présent, a expliqué avoir réussi à échapper aux tirs et à regagner la plage. 

"Lors d'une patrouille de sécurisation et de contrôle au niveau de nos eaux territoriales, une unité des garde-côtes a intercepté, mardi à 19h47 (20h47 à Paris), trois jet-skis ayant franchi clandestinement nos eaux territoriales", a indiqué le ministère algérien dans un communiqué. "Après avoir lancé un avertissement sonore et les avoir sommés de s'arrêter à plusieurs reprises, les mis en cause ont refusé d'obtempérer et ont pris la fuite en effectuant des manœuvres dangereuses", selon la même source. 

"Obstination des passagers des jet-skis"

Après plusieurs "tirs de sommation", "des coups de feu ont été tirés contraignant un des jet-skis à s'immobiliser, alors que les deux autres ont pris la fuite", a ajouté le ministère, expliquant ces tirs par "une activité accrue de bandes de narcotrafic et du crime organisé" dans cette zone frontalière, et en raison de "l'obstination des passagers des jet-skis". Alors que les relations sont particulièrement tendues actuellement entre Alger et Rabat, les autorités ont demandé dans leur communiqué de "ne pas prêter attention aux fausses informations qui circulent visant à nuire à l'image honorable de l'Armée" algérienne.

Toujours selon elles, "un cadavre de sexe masculin non identifié, présentant un impact de balle par arme à feu" a été retrouvé mercredi et transféré à Tlemcen pour autopsie. Les médias marocains avaient en effet affirmé que le corps d'Abdelali Mechouar, 40 ans, se trouvait du côté algérien et que ses proches ont demandé ce que sa dépouille leur soit restituée au plus vite. Ce commerçant, résidant en France, était père d'un enfant de cinq ans.

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Le corps de Bilal Kissi, 29 ans et également commerçant, père de deux enfants, a quant à lui été retrouvé sur la plage côté marocain. Un autre membre du groupe, Smaïl Snabé, lui aussi franco-marocain, a été blessé, selon Mohamed Kissi cité par les médias locaux. Il serait détenu en Algérie où il a été "condamné à 18 mois", selon le Conseil National des droits de l'Homme, un organisme officiel constitutionnel marocain, indépendant du gouvernement. Selon lui, "un troisième jeune se trouve toujours en réanimation à Oujda", ville dont dépend Saïdia, mais il n'a pas précisé son identité ni sa nationalité.

La France a confirmé pour sa part la mort d'un Français d'origine marocaine et "l'incarcération d'un autre compatriote en Algérie dans un incident impliquant plusieurs de nos ressortissants". Une plainte sera en outre déposée "lundi ou mardi" pour "assassinat aggravé, tentative d'assassinat aggravé, détournement de navire et non-assistance à personne en danger", a indiqué dimanche à l'AFP Me Hakim Chergui, l'un des avocats de la famille des victimes.

M.L (avec AFP)

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