Charles Pépin : « Comment ne pas devenir un vieux con »

Julie Malaure - LePoint - 03/09
BIEN-ÊTRE. « Comment ne pas devenir un vieux con ? » aurait pu être le sous-titre de l’essai de Charles Pépin. Le philosophe invite à (enfin) bien vivre avec son passé.

Le professeur de philosophie Charles Pépin a longtemps fait du passé la colonne vertébrale de son enseignement. Il interrogeait la façon de penser la mémoire, l'histoire, son histoire. Fallait-il instrumentaliser le passé pour construire l'avenir quitte à sélectionner ses souvenirs, comme le préconise Nietzsche ? Et puis Charles Pépin, philosophe dans le vent, a eu 50 ans. Milieu de vie. Toujours préoccupé par le passé, le ressassement du sien menaçant son avenir, le prof également essayiste, qui fait entendre sa voix sur Radio France dans Sous le soleil de Platon, a eu l'ambition d'écrire un livre sur le « bien vivre avec son passé ». Comment « accepter son passé, faire la paix avec lui, l'accueillir », en somme comment bien vieillir, ou plus exactement, comme il nous le dit : « Comment ne pas devenir un vieux con ? » C'est ainsi que l'exploration du philosophe freudo-lacanien s'est vue redirigée. À la lueur des récentes découvertes dans le domaine des neurosciences, face aux résultats des nouvelles thérapies sur nos 85 millions de neurones, un espoir nouveau s'est fait jour. « Le passé n'est plus fixe, on peut le retraiter, le réinterpréter, y intervenir de l'intérieur », nous explique-t-il. Dans son essai, Vivre avec son passé (éd. Allary, à paraître le 7 septembre), Charles Pépin, « ex-nietzschéen, devenu spinoziste et freudien », nous propose d'apprendre à faire, avec notre passé individuel, le mouvement que les rugbymen produisent lors d'une passe arrière : « Aller de l'avant tout en se retournant. » Rencontre.

Le Point : Qu'avez-vous découvert en vous penchant sur les neurosciences ?

Charles Pépin : Trois choses. La première, c'est la plasticité du cerveau, qui fait qu'on se demande pourquoi on devrait rester « scotché » à un événement traumatique du passé alors que notre cerveau est en évo...
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