L'été n'est pas encore fini

New York Times - 02/09
Le week-end de la fête du Travail marque la fin officieuse de l'été. Mais nous n’avons pas besoin d’être aussi doctrinaires à ce sujet.

Ce week-end, pendant que vous travaillez au grill, que vous assistez à un défilé ou que vous êtes assis dans la circulation, la conversation se tournera inévitablement vers la fin de l’été. Comme cela a passé vite, remarquera quelqu’un, toujours incrédule. Vous hocherez la tête et direz quelque chose de nostalgique sur la façon dont vous pourriez sentir une odeur croustillante dans l'air ce matin, ou sur le peu de semaines qu'il reste de bonnes tomates. Quelqu’un se plaindra d’avoir vu des silos de maïs sucré se profiler en grand et en charge au supermarché et la prochaine chose que vous savez, c’est l’automne. Il est temps d’enfiler des pantalons longs et de vraies chaussures, il est temps de se redresser et de voler correctement.

La Fête du Travail, en principe une fête célébrant le travail acharné du travailleur américain, sert également à rappeler au travailleur qu’il n’a pas été aussi travailleur qu’il aurait pu l’être ces trois derniers mois. Tout l’été, les délais et les rendez-vous chez le dentiste ont été facilement repoussés jusqu’à l’après-fête du travail, une période qui semblait suffisamment lointaine pour que vous soyez suffisamment reposé pour affronter les désagréments que ces obligations impliquaient.

Dans son éloge funèbre des jours de farniente de l'été dans le Times d'aujourd'hui, mon collègue Stephen Kurutz pleure les vestiges d'un travail à domicile véritablement non surveillé que cet automne semble augurer : « Oublierons-nous le petit plaisir de s'asseoir sur un porche et de regarder la cour ? » il écrit. « De passer ce que certains pourraient considérer comme trop de temps autour d’un café le matin ? D’échanger les déplacements quotidiens contre une conduite sans but ?

Pourquoi doit-il y avoir une démarcation aussi austère entre avant et après la Fête du Travail, entre été et hors été, entre profiter de notre vie et la supporter ? Pourquoi avons-nous tellement intériorisé la peur de la rentrée scolaire de l’enfance qu’elle est devenue une caractéristique permanente de l’âge adulte ?

Je sais qu'il y a des gens (beaucoup d'entre eux ! et si bruyants !) qui apprécient la posture de baguette de l'automne, qui trouvent le réalignement post-fête du Travail revigorant. Je ne suis pas à l’abri de l’attrait d’un attachement unifié, de l’entente tacite selon laquelle nous laisserons de côté nos affaires d’enfant et fixerons enfin une date pour le déjeuner de rattrapage que nous réclamons depuis le mois de mai. Mais allons-y doucement.

Je vous mets au défi, cette année, de vous approprier chaque dernier jour jusqu'à l'équinoxe (le 23 septembre à 2 h 49, heure de l'Est dans l'hémisphère nord). Bien sûr, le premier jour d'école est passé, les vacanciers sont r...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...