Accidents du travail : y a-t-il plus de morts en France que dans les autres pays ?

Ouest France - 31/08
Une campagne de prévention va être prochainement lancée pour endiguer le fléau des accidents du travail mortels. La France, où selon les statistiques montrent que deux personnes meurent par jour au travail, a la réputation d’être mal classée dans ce domaine. Qu’en est-il vraiment ?

Des accidents du travail surviennent quotidiennement en France, et sont parfois mortels. Face à ce phénomène, le gouvernement va lancer une grande campagne de sensibilisation fin septembre, selon les informations obtenues par Franceinfo .

Spot télévisé, version radio et déclinaisons sur les réseaux sociaux sont prévus pour sensibiliser aux accidents du travail, en particulier lorsqu’ils ont pour issue un décès.

En effet, selon les bilans de l’Assurance maladie, près de deux personnes meurent par jour dans un accident du travail en France. Et selon les statistiques européennes, qui sont à contextualiser, la France a le pire bilan de l’Union européenne.

Enjeu de santé publique et d’égalité

Durant le débat sur la réforme des retraites, la statistique de deux morts par jour dans des accidents du travail faisait partie des arguments des opposants au projet du gouvernement.

C’est également ce chiffre qui avait valu au ministre du Travail Olivier Dussopt d’être qualifié d’« assassin » par le député LFI Aurélien Saintoul en février 2023. Des propos qu’il avait ensuite souhaité retirer, regrettant s’être emporté.

Le sujet est particulièrement sensible. Chaque accident est un drame en soi, qui touche en particulier des ouvriers et des employés peu qualifiés, de plus en plus de jeunes et de femmes.

De 2001 à 2019, selon l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), le nombre d’accidents du travail impliquant des hommes est passé de 737 499 à 655 715, soit une baisse de 11,1 %. Sur la même période, les accidents du travail concernant des femmes ont augmenté, passant de 172 682 en 2001 à 244 558 en 2019. Une hausse de 41,6 %.

Le phénomène dans sa globalité est « massif mais invisible », selon les mots de la sociologue Véronique Daubas-Letourneux, qui y voit un enjeu de santé publique, et de justice sociale.

Moins d’accidents, mais toujours autant de décès

Évalué à près d’un million en 1950, le nombre annuel d’accidents s’est considérablement réduit, passant à environ 650 000 dans les années...
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