Quel est votre premier souvenir lié à Hergé ?
Je vais peut-être vous surprendre, car il ne s’agit pas d’un album, mais d’un disque : l’adaptation en 33 tours du Temple du Soleil. Je devais avoir quatre ou cinq ans quand on me l’a offert. Je me souviens de tout, des bruitages, des voix... On peut dire que le sillon a été usé ! À partir de là, c’est tout un monde qui s’est ouvert à moi. Quand j’ai su lire, j’ai dévoré à peu près tous les albums d’une traite. Certains m’ont marqué plus que d’autres, notamment L’Île Noire, ou Les 7 Boules de cristal, à cause de la momie de Rascar Capac. Ça a traumatisé des générations ! Mes parents possédaient une gigantesque col- lection de bandes dessinées. Mon frère, ma sœur et moi avons évolué au milieu de ces livres, dont certains me paraissaient étranges et subversifs. Je me souviens par exemple des BD de Daniel Ceppi, qui me semblaient à mille lieues de mes Tom-Tom et Nana... Mon père était professeur d’histoire de l’art aux Beaux- Arts de Dijon. Il a ensuite fait une thèse sur les Mérovingiens, et a été admis au CNRS en tant qu’archéologue. Quand j’étais enfant, je passais mes étés sur des chantiers de fouilles, dans des cimetières... L’aventure totale !
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En 1992, vous intégrez les Arts déco à Strasbourg. Le dessin a-t-il toujours été une évidence pour vous ?
Oui, mes parents m’y avaient très tôt encouragé. D’abord à travers des cours le samedi, et puis ensuite à travers un cursus spécialisé. Quand j’ai intégré l’école de Strasbourg, je sentais bien que je voulais me diriger vers la bande dessinée, mais à l’époque, je n’imaginais pas pouvoir en faire de façon professionnelle, ça me paraissait assez impensable. Je me voyais plutôt travailler dans un secteur plus "traditionnel", comme la communication ou la publicité. Au bout de trois ans aux Arts déco, le service militaire m’a rattrapé. Alors j’ai...
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