Si l’on peut dire que la carrière d’un acteur obéit aux mêmes lois qui régissent la physique, alors le tour de Denzel Washington dans le troisième redémarrage d’Equalizer sur grand écran (le Threequelizer !) représente la réaction inverse correspondante à son dernier rôle de Lord Macbeth pour Joel Coen. Washington a apporté une fragilité et une introspection au Thane de Cawdor, joué comme un lion grisonnant dont les insécurités cèdent la place à une soif de sang corrosive. Alors que Robert McCall, l’ancien fantôme des marines et des agences de renseignement, nettoyant les rues à sa retraite, Washington a l’occasion de réfuter l’idée selon laquelle le passage sauvage des années doit ronger un homme. Porté par le même poids de regret pré-gériatrique, il est désormais capable de le vaincre et de gagner dans la vie, sa volonté de tuer faisant de lui un héros plutôt qu'une figure tragique.
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