Avant même d’avoir commencé, la première mission européenne de prélèvement de débris dans l'espace se complique. Plusieurs organismes ont constaté que le débris-cible a été touché. L’impact a généré d’autres débris. Décryptage d’une situation devenant de plus en plus banale dans un contexte de surpopulation de l’orbite basse.
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L'alerte est venue du 18e escadron de défense spatiale de l'US Space Force, et a été transmise le 10 août dernier au bureau des débris spatiaux de l’Agence spatiale européenne (ESA). Le 18e Space Defense squadron a continué de traquer les débris générés par cet événement. Par la suite, d'autres mesures sont parvenues depuis le système Tira de l'institut allemand Fraunhofer, spécialisé dans les observations radar d'objets spatiaux, ainsi que de Pologne.
Que s'est-il passé ? Une collision entre débris, un événement rare, mais de moins en moins, et certainement pas bénin pour l'environnement spatial. L'événement est somme toute particulier car le débris impacté est la cible de la toute première mission de nettoyage ClearSpace-1 de l'ESAESA, prévue dès 2026.
Quel impact pour ClearSpace-1 ?
La cible de la mission est l'adaptateur Vespa entre l'étage supérieur d'une fuséefusée Vega et les charges utiles emportées (dont le satellite d'imagerie terrestre de l'ESA Proba-V de surveillance de la végétation à la surface de notre Planète). Vespa est en orbiteorbite depuis 2013, avec comme périgéepérigée une altitude de 660 kilomètres, et 790 kilomètres d'apogéeapogée, une orbite basse d'où il est difficile de partir naturellement en raison du faible frottement atmosphérique possible dû aux rares particules d'airair présentes au-dessus de notre atmosphèreatmosphère.
Vespa pèse 113 kilos. C'est un cylindre de deux mètres de diamètre, avec une portion conique. C'est une cible idéale pour une mission test de capture de débris spatial, par sa taille et aussi par sa dangerosité pour les satellites pouvant croiser sa route. La mission ClearSpace-1 est d'ailleurs confiée à la start-upstart-up suisse éponyme ClearSpace, dans le but de démontrer la technologie de son véhicule, équipé de bras robotiquesrobotiques pour la capture.
Selon les données, les débris repérés autour de Vespa indiquent qu'ils proviennent de sa fragmentation partielle, conséquente d'un impact hypervéloce (à plusieurs milliers de kilomètres/heure). Il faudra plusieurs semaines pour analyser les dangers que représentent ces nouveaux débris pour ClearSpace-1, dont la préparation se poursuit.
Animation de la capture de Vespa par ClearSpace-1. © ClearSpace
L’orbite basse toujours plus menaçante
Cet événement confirme le danger que représentent les gros débris présents dans l'espace. Leur fragmentation peut générer un nuagenuage de débris plus petits mais qui sont quand même fatals à un satellite pouvant les rencontrer. Les données de l'impact précisent toutefois que les nouveaux fragments générés par la collision avec Vespa ne devraient pas poser de danger aux autres satellites. Mais Vespa a été touché par un débris qui n'était pas traqué, car probablement trop petit.
L'adaptateur n'est donc pas à l'abri d'une autre collision avant d'être récupéré. En effet, ces impacts risquent d'être plus fréquents au vu de l'évolution de la situation actuelle en orbite basse. Dans son dernier rapport annuel sur l'environnement spatial, publié le 18 août, l'ESA alerte sur l'accroissement du nombre d'objets spatiaux présents en orbite basse. D'une part, le nombre de satellites déployés continue de croître, avec notamment le déploiement des centaines de satellites de communication Starlink de SpaceX. D'autre part, plus de la moitié des 30 000 débris spatiaux de plus de 10 centimètres identifiés aujourd'hui se trouvent en orbite basse, sans parler des débris plus petits et impossibles à repérer. Ces derniers sont tout de même des tueurs de satellites, et l'ESA les compte par millions.
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