La tension monte autour du rejet controversé des eaux usées de Fukushima. Des appels en provenance de Chine ont commencé à inonder les entreprises japonaises ce jeudi 24 août. Ils ont commencé lorsque l'opérateur Tepco, qui gère la centrale, a commencé à rejeter l'eau utilisée pour refroidir les réacteurs nucléaires sinistrés de la centrale de Fukushima. Dans un communiqué du ministère japonais des Affaires étrangères, publié samedi 26 août en fin de journée, Hiroyuki Namazu, haut diplomate japonais chargé des Affaires asiatiques et océaniennes, a demandé aux hauts fonctionnaires de l'ambassade de Pékin à Tokyo d'appeler au calme.
Une vague de harcèlement téléphonique similaire à celle de jeudi s'est également produite en Chine, ciblant des établissements japonais. Selon l'agence de presse Kyodo, un homme d'affaires de Fukushima a déclaré que ses quatre restaurants et pâtisseries avaient reçu un total d'environ 1000 appels vendredi, la plupart en provenance de Chine, poussant ses commerces à débrancher leurs lignes. Même son de cloche du côté du maire de la ville de Fukushima, Hiroshi Kohata. Sur Facebook, il a affirmé que la mairie avait reçu environ 200 appels similaires en deux jours, et que les écoles, restaurants et hôtels locaux en avaient également été victimes. Sur les réseaux sociaux, les internautes chinois ont partagé des vidéos dans lesquelles ils se montrent en train d'appeler des numéros japonais.
"Nous demandons instamment au gouvernement chinois de prendre les mesures appropriées, notamment en appelant ses citoyens à agir calmement, et de prendre toutes les mesures possibles pour assurer la sécurité des résidents japonais en Chine et des missions diplomatiques japonaises en Chine" a déclaré Hiroyuki Namazu dans ce même communiqué. L'ambassade de Tokyo à Pékin a séparément demandé à ses ressortissants de s'abstenir de parler fort en japonais.
La Chine s'est vivement opposée au rejet des eaux de Fukushima, filtrées et diluées selon un plan validé par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), et a notamment suspendu toute importation de produits de la mer du Japon.
Au total, le Japon compte évacuer dans l'océan Pacifique plus de 1,3 million de m3 d'eau tritiée de Fukushima jusqu'en 2050. Cette eau provient de la pluie, de nappes souterraines et des injections nécessaires pour refroidir les cœurs des trois réacteurs de la centrale qui étaient entrés en fusion après le tsunami de 2011. Elle a été traitée pour la débarrasser de ses substances radioactives, à l'exception du tritium, puis diluée avec de l'eau de mer avant le rejet dans l'océan, afin que son niveau de radioactivité ne dépasse pas le plafond visé de 1.500 Bq/L.
Ce dimanche, le ministère japonais de l'Environnement a déclaré qu'une nouvelle analyse de l'eau au large des côtes de Fukushima n'avait pas révélé de niveaux élevés de tritium, et ne présentait pas de signes de rayonnement gamma pouvant provenir d'autres matières radioactives.
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