De jour en jour, elle gagne du terrain et s'accentue. La vague de chaleur s'est encore intensifiée ce lundi en France, et quatre départements vont atteindre dès mardi le seuil maximal de vigilance canicule rouge, 49 autres restant en orange dans une large moitié sud du pays. Cet épisode correspond à des critères climatologiques précis, définis par Météo-France.
La canicule désigne ainsi "un épisode de températures élevées, de jour comme de nuit, sur une période prolongée (au moins trois jours)", explique l'agence de prévisions sur son site. Mais les seuils de température et de durée de la chaleur ne sont pas les mêmes partout : ils varient d'un département à l'autre, en fonction de critères définis par l'établissement public. À titre d'exemple, à Toulouse, la canicule s'installe dès lors que "durant les trois jours et trois nuits, les températures maximales seront supérieures à 36°C et les températures minimales supérieures à 21°C". Dans le nord de la France, ces seuils peuvent être fixés plus bas.
En règle générale, les canicules frappent le pays entre début juillet et mi-août, mais sous l'effet du changement climatique dû aux activités humaines, cette plage s'étend. Les coups de chaud précoces se font plus fréquents, comme ce fut le cas en juin 2022, tandis que les épisodes de chaleur après le 15 août, d'ordinaire rares, se multiplient depuis le début du siècle, avec six vagues de chaleur enregistrées depuis 2001, auxquelles s'ajoute la canicule actuelle. "Cet épisode est le plus chaud de l'été 2023, également un des plus tardifs avec un tel niveau d'intensité", rappelle Météo-France au fil de ses bulletins.
Quant à la vigilance canicule, l'alerte donnée par Météo-France, peut être jaune, orange ou rouge, ce dernier seuil correspondant à la fois à un événement météorologique exceptionnel et à une alerte sanitaire justifiant une mobilisation maximale, avec des risques de surmortalité.
À noter que ce classement s'appuie sur les seuils de température évoqués plus haut, mais aussi "des impacts sanitaires potentiels", depuis la multiplication des canicules ces dernières années. La situation des urgences est notamment prise en compte, par exemple la fermeture des services de nuit ou le niveau de saturation de ceux de réanimation. Cela peut expliquer des niveaux d'alerte différents entre des départements pourtant voisins : la Creuse restera par exemple en vigilance jaune ce mardi, alors même qu'elle est entourée de départements qui ont tous basculé en orange.
Quant au mot de "canicule" lui-même, il découle du mot latin "canicula", signifiant "petite chienne", lui-même hérité du latin "canis", le chien. Ce nom a été attribué à Sirius, l'étoile la plus brillante de la constellation du Grand Chien, qui a la particularité de se lever et se coucher avec le soleil, sur une période qui court du 22 juillet au 22 août. Soit la même période que celle à laquelle les fortes chaleurs sont les plus attendues.
L'épisode caniculaire actuel relève également d'une vague de chaleur, déclenchée depuis vendredi. Cet autre phénomène météorologique correspond à "un épisode de températures nettement plus élevées que les normales de saison pendant plusieurs jours consécutifs", souligne Météo-France. Là aussi, les seuils de températures et de durée qui permettent de caractériser l'évènement évoluent d'une région à l'autre. Au niveau national, il faut que l'indicateur thermique national, soit la moyenne de mesures quotidiennes de température moyenne de l’air dans 30 stations météorologiques, dépasse ou égale 25,3°C pendant un jour et 23,4°C durant au moins trois jours.
Un pic de chaleur peut survenir durant ces fortes hausses de température, autrement dit un "épisode bref, de 24 à 48 heures durant lequel les températures sont supérieures aux normales de saison", explique Météo-France. Le service météorologique s'attend à un tel pic "mardi et mercredi ...
[Courte citation de 8% de l'article original]