Pénible le jour, la canicule est aussi l'ennemie de notre sommeil

LCI - 19/08
[VIDÉO] - Difficiles à supporter le jour, les températures caniculaires sont tout aussi pénibles la nuit. Les médecins constatent que notre sommeil est affecté de façon très nette par la chaleur. Le changement climatique ne devrait d'ailleurs rien arranger...

Difficiles à supporter le jour, les températures caniculaires sont tout aussi pénibles la nuit.
Les médecins constatent que notre sommeil est affecté de façon très nette par la chaleur.
Le changement climatique ne devrait d'ailleurs rien arranger...

Lors des périodes de canicule, les températures restent élevées y compris la nuit. Difficile dans ces conditions de dormir sereinement : un problème qui risque de ne pas s'arranger avec le dérèglement climatique. L'impact de la chaleur sur le sommeil ? Il est avéré : "Jusqu'à 28 degrés environ, on peut arriver à bien dormir, au-delà cela devient beaucoup plus compliqué", note auprès de l'AFP Armelle Rancillac, chercheuse en neurosciences Inserm au Collège de France.

"Lorsqu'il fait très chaud, la dilatation des vaisseaux sanguins au niveau de la peau est moins efficace, la déperdition de chaleur moindre, ce qui retarde l'endormissement", ajoute la spécialiste. Un problème puisque pour trouver le sommeil, l'une des conditions est de parvenir à diminuer sa température interne. Notons par ailleurs que le cerveau, où les neurones régulant température et sommeil sont particulièrement reliés, est un organe sensible à la chaleur. Une élévation du mercure entraîne ainsi une hausse du thermostat central et active des systèmes de stress dans notre corps.

De pire en pire à l'avenir ?

Les spécialistes constatent que les températures nocturnes élevées ont plusieurs impacts. Elles augmentent entre autres les réveils, tout en réduisant le sommeil profond. Celui-là même qui est décrit comme le plus régénérateur pour l'organisme. "On va avoir tendance, à la fin d'un cycle, à se réveiller et à avoir des difficultés à se rendormir", car le corps cherche à "arrêter un stade de danger thermique", explique Armelle Rancillac. 

On estime que durant les 20 dernières années, les humains ont en moyenne perdu 44 heures annuelles de sommeil. Le changement climatique, avec la hausse des températures qui l'accompagne sous nos latitudes, risque de creuser encore davantage ce déficit. Il pourrait alors atteindre 50 à 58 heures annuelles de sommeil perdues par personne d'ici à la fin du siècle, à en croire de récents travaux conduits à l’université de Copenhague (Danemark).

Lire aussi

Le corps devrait pâtir de ces évolutions. À court terme, "les principaux effets sont cognitifs", glisse à l'AFP le Dr Fabien Sauvet, médecin en chef de l'Institut de recherches biomédicales des armées. Il évoque ainsi "somnolence, fatigue, risque d'accident du travail ou de la circulation", mais aussi une potentielle "perte de patience". Sur un plus long terme, manquer de sommeil de façon récurrente est susceptible d'engendrer une "dette" nocive, pour tous les individus et pas uniquement les plus fragiles.

Afin d'améliorer son sommeil dans des périodes de forte chaleur, quelques réflexes peuvent être adoptés. "Pas de climatisation à tout-va, il faut d'abord modifier son comportement : dormir peu vêtu, juste avec un drap, ventiler au maximum, etc", conseille le médecin. Il constate qu'une "acclimatation" aux températures élevées reste longue et "prend 10-15 jours". S'il est utile de prendre une douche fraîche, il faut veiller à ce qu'elle ne soit pas trop froide. Le sport n'est pas proscrit, mais les experts conseillent de ne pas en pratiquer trop tardivement afin de limiter l'élévation de la température corporelle en fin de journée. Les excitants comme le café sont, eux, à éviter. Tout comme l'alcool.

TD avec AFP

Sur lemême thème

  • #Santé publique
  • #Canicule
  • Météo et intempériesCanicule à la mi-août : vers la semaine la plus chaude de l'été
Loading...