1983-2023 : nos étés disco au Liban

LOrientLeJour - 18/08
Libérateur, engagé, kitsch à souhait, le disco fait son retour dans le paysage musical libanais. Au cœur de la débâcle de la guerre, son esthétique colorée contribue à panser les traumatismes d’une...

Dans les salles obscures de la capitale libanaise, en ce mois d’août 1983, Flashdance remplit toujours les cinémas, plusieurs mois après sa sortie. Sur les ondes radio, on n’entend que David Bowie appeler à danser et Donna Summer faire les éloges de la femme indépendante. Alors que l’Amérique puritaine de Ronald Reagan découvre Madonna, une jeune passionnée se cherche entre Rabieh et Achrafieh. Christiane* a 20 ans. Elle aime la mode, le gin et les femmes. Étudiante en psychologie, elle est tous les soirs derrière les platines d’un petit bar de Beyrouth. « Je fais partie de la génération de la guerre. Celle qui a tout vu, tout entendu. Mais nous étions jeunes avant tout. La clarté de nos faibles projecteurs était plus forte que nos peurs », assure avec une pointe de naïveté celle qui a vécu l’insouciance d’une ère disco affranchie. C’était il y a exactement quarante ans.

Au même moment, les drapeaux libanais sont souvent en berne et les artistes hibernent. Le vide ...
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