L'existence du groupe Wagner va-t-elle perdurer ? Après leur tentative de rébellion, fin juin, Evgueni Prigojine et ses hommes pourraient désormais compter sur la Biélorussie pour assurer son financement. Dans son point de situation quotidien d'information sur le conflit ukrainien, le ministère de la Défense britannique (MoD) indique ainsi que "le groupe Wagner s'oriente probablement vers un processus de réduction des effectifs et de reconfiguration". Une logique qui passerait notamment par des économies sur les dépenses salariales des membres du groupe, mais aussi par la recherche de nouvelles sources d'argent.
Latest Defence Intelligence update on the situation in Ukraine - 13 August 2023. Find out more about Defence Intelligence's use of language: https://t.co/kqqs8BQtnU 🇺🇦 #StandWithUkraine 🇺🇦 pic.twitter.com/SWEsdzEGl2 — Ministry of Defence 🇬🇧 (@DefenceHQ) August 13, 2023
Et pour cause : cette restructuration a de fortes chances de se réaliser sans l'aide de la Russie, qui chercherait même plutôt désormais à mettre des bâtons dans les roues du groupe paramilitaire. Selon les Britanniques, le Kremlin a d'ores et déjà "agi contre d'autres intérêts commerciaux du propriétaire de Wagner, Evgueni Prigojine" depuis le coup de force de fin juin. "Il existe une possibilité réaliste que le Kremlin ne finance plus le groupe", estime les services du MOD dans la même publication. Pour remplacer l'argent venu du Kremlin, ces derniers affirment donc que Minsk pourrait désormais prendre le relais : "si l'État russe ne paie plus Wagner, les deuxièmes payeurs les plus plausibles sont les autorités biélorusses".
De nombreux mercenaires se sont réfugiés en Biélorussie après l'avortement de leur coup de force. Depuis leur arrivée, le pouvoir de l'autoritaire Alexandre Loukachenko affiche de plus en plus sa proximité avec le groupe paramilitaire. Mi-juillet, lors d'une rencontre avec Vladimir Poutine, le président biélorusse avait d'abord promis "garder" le groupe Wagner dans le centre du pays, là où les mercenaires souhaitaient selon lui se déplacer "vers l'ouest, à Varsovie, à Rzeszów", en Pologne.
Des déclarations qui inquiètent depuis fortement les Polonais, qui ont d'ailleurs renforcé début août leur présence à la frontière des deux pays. 2000 nouveaux soldats polonais y ont été envoyés. Varsovie avait accusé quelques jours plus tôt la Biélorussie d'avoir violé son espace aérien en y faisant voler deux hélicoptères militaires. Ces manœuvres, considérées du côté polonais comme des "provocations" de Minsk, les préoccupent tout autant que l'installation durable de Wagner en Biélorussie. Là-bas, les paramilitaires semblent même avoir établi un véritable camp de base. Plusieurs vidéos montrent des soldats biélorusses en train d'être formés dans des camps par les hommes de Wagner.
Le ministre de l'Intérieur biélorusse, Ivan Koubrakov, a même visité le 24 juillet un de ces centres, précisant avoir établi "un plan d'action clair" avec le groupe Wagner pour former les militaires biélorusses. "Compte tenu de la situation difficile près des frontières de la république, il est particulièrement important d'être prêt à répondre aux éventuels défis et menaces", avait-il déclaré après sa visite dans un communiqué, vantant "l'expérience pratique" de Wagner.
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