"Œdipe à Colone": Tragédie avec anesthésie

MSN - 10/08
Revue du spectacle de Giorgos Skevas avec Dimitris Kataleifos.

Cette tête blanche qui jadis portait fièrement une couronne Et ne pèse plus que la douleur, Ces pieds enflés qui traversèrent mille déserts Pour atteindre Thèbes et autant pour la fuir, Cette main effrénée qui se leva et écrasa le crâne du père, ces yeux blessés qui jadis contemplé sans crainte le Sphinx et ne voyant plus que la nuit, ce corps frêle, brisé, épuisé par les épreuves de l'errance, conduit par Dieu et sa fille vers la seule destination qui lui promette le repos, ce corps infâme d'Œdipe, brutalement chassé de son la maison paternelle, prématurément séparée des bras de sa mère, miraculeusement sauvée, gît maintenant tremblante et lovée dans le sanctuaire des Euménides, dans le bosquet de Colone, y implorant l'accomplissement de sa dernière volonté.

Qui recevra ce corps ? Qui accueillera le monstrueux « monstre », l'Œdipe meurtrier et sanguinaire ? Choros tressaillit au son de son nom, court de terreur pour se cacher de peur d'être contaminé par le contact. « Quittez notre pays immédiatement, n'ajoutez pas de miasmes à notre ville », lui crient-ils. Il insiste : Phoebus l'a conduit ici, pour une bonne cause ∙ mais les vieux indigènes sont méfiants, incapables de voir le don radieux que la présence de l'Étranger a...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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