Face à l'innovation constante, le ras-le-bol de certains habitants. Depuis 2014, San Francisco est le berceau de la voiture autonome. Désormais, croiser un véhicule sans aucun conducteur derrière le volant n'y relève plus de la science-fiction. Mais à mesure que les tests se multiplient, de plus en plus de voix s'élèvent.
Si ces véhicules surprennent encore les touristes, ce n'est plus vraiment le cas des habitants. D'ailleurs, la plupart ne font même plus attention à eux. "J'ai confiance en ces voitures. À chaque fois que j'ai traversé une rue, elles se sont arrêtées", témoigne une femme dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. Il n'en reste pas moins que ces voitures sans chauffeur peinent à faire face à des situations inédites. Un "angle mort" que leurs détracteurs ont bien identifié.
Avec de simples cônes de chantiers posés sur le capot, des individus arrivent à immobiliser pendant de longues minutes les robots-taxis, avant qu'un technicien n'intervienne. En faisant cela, ils empêchent en effet le véhicule d'utiliser tous ses radars. Par précaution, celui-ci s'arrête en allumant ses feux de détresse et s'arrête en pleine voie. Les actions de ce type cumulent des millions de vues sur les réseaux sociaux.
Google, General Motors, Mercedes... Sept marques différentes testent actuellement leurs engins dans la ville. En tout, plus de 600 véhicules autonomes sillonnent ses rues. Et le bureau de l'État californien chargé de les superviser pourrait prochainement permettre aux opérateurs autorisés - Cruise et Waymo - d'étendre encore leurs services.
Une perspective qui fait grincer des dents au sein de la municipalité. La robotisation totale de l'expérimentation s'accompagne en effet de désagréments : voitures arrêtées sur la route, qui bloquent la file de bus ou s'incrustent sur une scène de crime face à des policiers irrités... Les médias locaux se font régulièrement l'écho de ces déboires.
Les robots-taxis de Waymo ont parcouru "plus d'un million de kilomètres" sans "aucune collision impliquant des piétons ou des cyclistes", a récemment rappelé l'entreprise auprès de l'AFP. Quant aux collisions avec des véhicules, elles "impliquaient des violations des règles ou un comportement dangereux de la part des conducteurs humains".
5 LIDAR (un instrument permettant de mesurer la distance grâce à un laser invisible à l'oeil nu), 21 radars, 16 caméras... "Quand on y pense, cela donne une bien meilleure perception que l'être humain. Tout est centralisé dans l'ordinateur à l'intérieur du véhicule", estime dans notre reportage Billy Riggs, professeur à l'université de San Francisco et expert en voitures autonomes.
"C'est vrai, il y a beaucoup de gens qui en ont marre d'être retardés à cause de véhicules qui sont un peu hésitants sur la route. Les rues de San Francisco sont compliquées. Mais si vous entraînez ces véhicules dans des environnements aussi complexes, ils seront capables de rouler n'importe où dans le monde", estime l'expert. À terme, ces véhicules devraient être beaucoup plus fiables que l'être humain... et bien moins chers. Une course avec un véhicule autonome pourrait être facturée jusqu'à 20% de moins, de quoi bouleverser le marché du transport de personnes.
En France, pour l'heure, seule la conduite autonome de niveau 3 est autorisée au grand public. Dans ce cas, le véhicule gère l’accélération, le freinage, la direction et la surveillance de la route sur certaines routes. Un conducteur doit encore être derrière le volant, pour prendre le contrôle en csa de problème.
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