Éruptions solaires : les astronautes ne sont pas les seuls à être exposés aux radiations

LCI - 04/08
[VIDÉO] - Notre étoile, le Soleil, émet un rayonnement cosmique qui a des propriétés irradiantes. Si les astronautes sont les plus exposés, les personnels navigants à bord des avions en ligne le sont aussi.

Notre étoile, le Soleil, émet un rayonnement cosmique qui a des propriétés irradiantes.
Si les astronautes sont les plus exposés, les personnels navigants à bord des avions en ligne le sont aussi.

Ici-bas, sur la terre ferme, les radiations émises par notre étoile, le Soleil, sont inoffensives ou presque. Le champ magnétique de la Terre, ce qu’on appelle la magnétosphère en jargon d’astronome, forme un bouclier protecteur qui filtre les particules produites par le rayonnement solaire, également connu sous le nom de vent solaire. Mais pour ceux qui prennent de la hauteur, comme les astronautes à bord des stations spatiales en orbite autour de la Terre, le niveau de radiation peut présenter un risque, notamment en cas d’éruption solaire de forte intensité.

"Lors de ce type d'événement, deux phénomènes se produisent conjointement, explique à TF1info l’astronome Carine Briand, spécialiste en physique solaire à l’Observatoire de Paris. Le Soleil émet des flux électromagnétiques qui mettent huit minutes à arriver jusqu'à nous. Cela peut affecter les systèmes de télécommunication et les réseaux électriques. Et, dans le même temps, cela produit un nuage de particules irradiantes, qui met deux à trois jours à nous parvenir. Les astronautes à bord des stations spatiales sont les plus exposés au rayonnement cosmique. Mais cela touche également les personnels navigants à bord des avions de ligne. Les niveaux de radiations qu'ils reçoivent sont supérieures à celles des employés des centrales nucléaires."

Tous les mois, sur leur bulletin de salaire, les personnels navigants d'Air France peuvent voir les doses d’irradiations reçues

L’astronome Carine Briand, spécialiste en physique solaire à l’Observatoire de Paris

En tant que passager, le risque est nul. Mais pour les personnels navigants, il n'est pas exclu que cela puisse avoir un impact sur le long terme. Sur un vol Paris-Los Angeles, par exemple, le niveau de radiation passe d'un facteur "de 30 à 1000, entre le sol et une fois en l'air", souligne la chercheuse. "Le niveau de radiation dépend beaucoup de l'itinéraire. Plus on se trouve au nord du Globe, près du pôle, plus il y a de radiations", précise Carine Briand. En tout cas, le problème est pris très au sérieux par l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI). Depuis une vingtaine d'années, elle impose aux compagnies de mesurer le niveau de radiations à bord des appareils. Mais, à l'entendre, toutes les compagnies ne l'appliquent pas forcément.

Lire aussi

En France, afin d'évaluer le risque, l'Institut de recherche en cancérologie de Montpellier (IRCM) a fait installer des appareils de mesure à bord de plusieurs avions de la compagnie Air France. "Des études ont été menées pour savoir si le nombre de cancers est plus important dans cette profession. Certaines disent que oui, d’autres que non. Le sujet est sensible. Il y a des enjeux économiques importants derrière. C’est comme pour les pesticides", relève Carine Briand. "Tous les mois, sur leur bulletin de salaire, les personnels navigants d'Air France peuvent voir les doses d’irradiations reçues. Si cela dépasse un certain niveau, on les met sur des vols plus courts, de manière à passer moins de temps à haute altitude", poursuit  la scientifique.

Si un astronaute reçoit plus de 10 grays (l'unité d'absorption des rayonnements), il est extrêmement peu probable qu'il survive plus de deux semaines

L'Agence spatiale européenne (Esa)

Concernant les astronautes, l'impact de ces radiations est un sujet de préoccupation au sein des agences spatiales, notamment en vue des futures missions humaines sur la Lune puis sur Mars, avec l'ambition d'y établir une présence durable. "Comme la Lune et Mars ne génèrent pas leurs propres champs magnétiques, les particules du Soleil peuvent facilement atteindre leurs surfaces et même interagir avec le sol pour générer un rayonnement secondaire", souligne l'Agence spatiale européenne (Esa), dans un article en ligne consacré au sujet. "Si un astronaute reçoit plus de 10 grays (l'unité d'absorption des rayonnements), il est extrêmement peu probable qu'il survive plus de deux semaines", indique l'agence. 

Lire aussi

Or, ce niveau de radiation a été enregistré sur la surface lunaire après une explosion solaire en août 1972. Par chance, l'événement s'est produit entre les missions avec équipag...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...