REPORTAGE - Liban : trois ans après l'explosion, les cicatrices toujours aussi visibles à Beyrouth

LCI - 03/08
[VIDÉO] - Trois ans après l'explosion du port de Beyrouth, rien n'a changé dans certains immeubles de la capitale. Les habitants attendent des travaux, mais le Liban est en faillite et n'a plus de président. Les associations, riverains et Libanais de l'étranger financent eux-mêmes la reconstruction.

Trois ans après l'explosion du port de Beyrouth, rien n'a changé dans certains immeubles de la capitale.
Les habitants attendent des travaux, mais le Liban est en faillite et n'a plus de président.
Les associations, riverains et Libanais de l'étranger financent eux-mêmes la reconstruction.

Les cicatrices du port de Beyrouth sont toujours aussi visibles. Trois ans après l'explosion de centaines de tonnes de nitrate d'ammonium, qui avait fait plus de 220 morts et 6500 blessés le 4 août 2020, rien n'a changé dans cet immeuble défiguré, visible dans le reportage disponible en tête de cet article.

Nadji attend désespérément que des travaux soient enclenchés, alors qu'un balcon menace toujours de s'effondrer. "Personne ne se soucie de nous. Absolument personne. Ni le gouvernement, ni l'État, ni les députés, ni les ministres", déplore un habitant rencontré par les équipes de TF1.

Lors de l'explosion, 85.000 logements ont été endommagés, impactant 300.000 habitants. Comme l'illustre l'état d'un immeuble dans notre reportage, des centaines de millions d'euros sont encore nécessaires pour la reconstruction. Et cela alors qu'il reste d'innombrables chantiers à travers toute la ville.

Les habitants contraints de se débrouiller

Le Liban est en faillite, il n'y a plus de président. Ce sont donc les associations, les riverains et les Libanais de l'étranger qui financent eux-mêmes la reconstruction. Beaucoup parlent d'un État totalement démissionnaire. "Il n'y a pas assez d'efforts entrepris pour que la ville retrouve le visage qu'elle avait avant, surtout quand le gouvernement n'en a rien à faire. C'est juste désespérant", se plaint une habitante.

À Beyrouth, le chaos s'observe aussi la nuit. Depuis la destruction du port et la crise financière, beaucoup de rues ne sont plus mêmes plus éclairées car cela coûte trop cher. Conduire devient alors particulièrement dangereux. Gabriel a donc monté une association qui finance grâce à des dons privés de l'éclairage public. Une centaine de rues sont déjà allumées toute la nuit dans la capitale. "On n'a pas d'autre choix, ou on reste les bras croisés, ou on doit faire par nous-mêmes", déclare-t-il.

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L'association de Gabriel se substitue aussi à l'État pour gérer les feux de signalisation. Une quinzaine de carrefour déjà équipés en panneaux solaires, une fois de plus grâce à des dons, pour que Beyrouth retrouve un semblant de normalité. "Il n'y avait pas mal d'accidents, parfois assez graves", explique Gabriel. "Les piétons avaient peur de passer." Trois ans après l'explosion du port, c'est grâce à la débrouillardise que le Liban tient encore debout.

Marius BOCQUET | Reportage TF1 : François-Xavier Ménage

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