Cindy Fabre : "J’ai participé à Miss France parce que ma mère a vu Geneviève de Fontenay dans le journal"

LCI - 02/08
[VIDÉO] - Elle n’avait que 19 ans quand sa route a croisé celle de la dame au chapeau, un soir de décembre 2004. Aujourd’hui directrice du concours Miss France, Cindy Fabre réagit avec émotion au décès de celle avec qui elle a vécu une année de règne intense. "Je n’aimerais pas la France à ce point-là sans elle, c’est certain", explique-t-elle à TF1info.

Elle n’avait que 19 ans quand sa route a croisé celle de la dame au chapeau, un soir de décembre 2004.
Aujourd’hui directrice du concours Miss France, Cindy Fabre réagit avec émotion au décès de celle avec qui elle a vécu une année de règne intense.
"Je n’aimerais pas la France à ce point-là sans elle, c’est certain", explique-t-elle à TF1info.

Ses yeux sont encore embués. Les larmes, de joie sans aucun doute, ont laissé une trace sur ses joues. Alors qu’elle pose fièrement avec le président du jury Francis Huster, Geneviève de Fontenay veille au grain quelques mètres plus loin. C’était le 4 décembre 2004 à Tours. Cindy Fabre, jeune Normande de 19 ans, disait adieu à l’anonymat en même temps qu’elle découvrait la dame au chapeau. 

Aujourd’hui, c’est elle qui tient les clés du concours qui l’a vue éclore. Une mission héritée à l’automne dernier dont elle a tout de suite parlé à la mère de substitution des Miss. C’est à la nonagénaire qu’elle a réservé son premier coup de fil après sa nomination. À l’étranger pour ses vacances ce 2 août, c’est avec beaucoup d’émotion qu’elle a accepté de replonger dans ses souvenirs auprès de Geneviève de Fontenay, décédée à l’âge de 90 ans ce mercredi.

Geneviève de Fontenay suit déjà de près sa nouvelle Miss France, le Normande Cindy Fabre, quelques minutes après son sacre le 4 décembre 2004 à Tours. - ALAIN JOCARD / AFP

Quel est le premier souvenir qui vous vient en tête à l’évocation du nom de Geneviève de Fontenay ?

C’est de l’avoir vue malgré tout en forme il y a quelques mois en mars, c’est surtout ça. On se demande comment et pourquoi aussi vite. On ne s’y attend pas. Elle avait des hauts et des bas, surtout avec le Covid car ça l’inquiétait. Elle ne voulait plus sortir de chez elle à cause de ça. Elle attendait un peu que la vie prenne tout simplement fin. Mais malgré tout, elle avait toujours son humour. On la sait maintenant aux côtés de Louis, l’amour de sa vie, et de son fils aussi (Ludovic, mort en 1984, ndlr). Elle est partie apaisée. Mais pour nous qui restons, c’est difficile. Je lui avais apporté un panier gourmand et on avait bu une coupe de crémant, elle était ravie. Ça m’avait confortée dans le fait qu’elle avait de nombreuses années devant elle. J’avais projeté de faire un déjeuner au pied de chez elle pendant les beaux jours, après l’été, avec d’autres Miss. J’avais envisagé pas mal de choses pour aller à sa rencontre, pour faire revivre peut-être le temps d’une journée une ambiance particulière.

Racontez-nous les premières heures passées avec elle en décembre 2004, alors que vous venez tout juste d’être élue Miss France…

J’étais perdue, j’étais montée sur un cube en hauteur toute seule. Je ne savais pas ce qui m’arrivait. J’ai le souvenir d’elle qui se dirige directement vers moi. Il y avait des confettis qui pleuvaient et elle m’a dit : "Bah faites coucou !", comme si c’était une évidence. Mais pas pour moi ! Faire coucou à qui ? Mais oui, une Miss salue le public. C’étaient ses premiers mots. Le fait qu’elle s’adresse à moi et pas à l’ensemble des candidates marquait vraiment le fait que j’étais élue. Ma maman lui a dit : "Prenez-en soin parce que c’est le seul enfant que j’ai". Il y a eu une passation pendant un an, elle prenait aussi soin de moi. Elle veillait à ma sécurité, elle s’assurait que je me sente bien et que j’évolue aussi, que je grandisse en tant que femme. Elle m’a transmis son amour de la France, l'amour des gens, la reconnaissance aussi. Elle fait partie de notre patrimoine, aussi de notre patrimoine en tant que femmes. Car jamais, on n’aurait pu être ce que l’on est sans elle.

Nous avons chacune nos personnalités et ça, Geneviève l’a toujours mis en avant. Elle n’a jamais voulu qu’on rentre dans un moule

Cindy Fabre

Vous n'auriez donc pas pu être la Cindy que vous êtes aujourd’hui sans Geneviève ?

Pas du tout. Quand on me demande comment est Geneviève, je réponds que c’est comme une grand-mère qui a ses propres valeurs et ses propres convictions. À ses côtés, elle s’assurait que vous vous comportiez toujours comme il le faut en société, peu importe qui vous rencontriez. On a toujours de belles éducations mais elle, elle avait cette expérience. Je n’aimerais pas la France à ce point-là sans elle, c’est certain. Je n’aurais pas ce parcours-là. Si j’ai participé à ce concours, c’est parce que ma maman a vu dans le journal une photo de Geneviève qui venait assister à Miss Calvados à Vire. Si ce cliché n’avait pas illustré l’article d'Ouest France, je n’aurais sans doute pas concouru. Qu'elle soit là, ça crédibilisait le concours. Je voulais prouver à ma maman qu’elle avait tort de me dire que j’avais sûrement mes chances. En 2004, entrer dans la télé était inimag...
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