VIDÉO - Guerre en Ukraine : la délicate prise en charge des enfants orphelins

LCI - 27/07
[VIDÉO] - Les 18 mois de conflit ont laissé des milliers d'enfants orphelins en Ukraine. Selon les services sociaux du pays, ils seraient plus de 9000 mineurs, souvent traumatisés, à avoir perdu leurs parents pendant la guerre. La plupart d'entre eux ont trouvé un nouveau foyer chez des membres de leur famille, où ils tentent de reprendre le cours d'une vie normale.

Les 18 mois de conflit ont laissé des milliers d'enfants orphelins en Ukraine.
Selon les services sociaux du pays, ils seraient plus de 9000 mineurs, souvent traumatisés, à avoir perdu leurs parents pendant la guerre.
La plupart d'entre eux ont trouvé un nouveau foyer chez des membres de leur famille, où ils tentent de reprendre le cours d'une vie normale.

De son ancienne vie, Karina garde quelques souvenirs heureux. "Je me souviens de papa et maman. Mon père et moi mangions des saucisses, et je me souviens que j'aidais ma mère à faire la vaisselle et le ménage", explique dans la vidéo en tête d'article la fillette blonde de sept ans, rencontrée en juin dernier. Ses parents ont perdu la vie au début de la guerre dans l'explosion de leur voiture, possiblement en raison d'une mine ou d'un obus, alors que la famille tentait de fuir la région assiégée de Tchernihiv, dans le nord du pays. Propulsée hors du véhicule par la déflagration, l'enfant a été miraculeusement sauvée. 

"La voiture a explosé, il n'en restait tout simplement plus rien. Le père de Karina est mort sur place de très graves blessures. Pour ma sœur, nous n'avons eu plus de précisions. C'est arrivé en une seconde, mais l'explosion a été forte", décrit la tante de la fillette, Rouslana Nossenko. "C'est moi qui ai annoncé à Karina la mort de ses parents. Elle était très nerveuse et a beaucoup pleuré." La petite fille vit désormais à Kiev chez cette jeune femme encore étudiante. Sous le regard attendri de celle-ci, l'enfant s'entraîne au piano et au chant, l'air concentré derrière ses grandes lunettes rondes. 

Un système d'accueil à bout de souffle

Comme Karina, le nombre d'enfants ukrainiens devenus orphelins à cause de la guerre est estimé à 9000. Nazar Gavriliouk, 18 ans, a quant à lui perdu son père dans la ville de Boutcha, près de Kiev, devenu le théâtre d'un massacre imputé aux forces russes dans les premières semaines du conflit. Le jeune homme, également rencontré en juin, a depuis trouvé refuge chez sa grand-mère, qui garde toujours sur son téléphone les photos du corps de son fils. 

"Les premiers qui sont venus ici pour nettoyer, étaient les forces armées. C'est un ami de mon frère qui est entré dans la cour, et a vu les trois corps. L'un était celui de mon père, l'autre de mon oncle, et enfin une personne que nous n'avons pas pu identifier", rembobine-t-il. Réfugié dans l'ouest de l'Ukraine pendant l'occupation russe, il est depuis revenu à Boutcha. Selon Kiev, 637 personnes ont été tuées dans la ville durant cette période, et des centaines d'autres dans la région avoisinante.

Lire aussi

Les autorités cherchent à faciliter les adoptions ou à placer ces enfants dans des familles d'accueil contre une indemnité financière. Au bout de 18 mois de conflit, le système de prise en charge est au bord de l'asphyxie. Avant la guerre, 100.000 enfants vivaient déjà dans les orphelinats ukrainiens, le nombre le plus élevé sur le continent européen derrière la Russie. En mars dernier, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a alerté sur les conséquences "dévastatrices" de la guerre sur les orphelins et les enfants placés, et appelé Kiev à réformer "urgemment" son système de prise en charge, signalant notamment que "des dizaines d'orphelinats ukrainiens ont été endommagés ou détruits" depuis le début du conflit. 

Plus largement, protéger les enfants des conséquences psychologiques de la guerre est un défi pour les Ukrainiens, a estimé la première dame Olena Zelenska, s'inquiétant du "grand nombre d'enfants qui, comme les adultes, souffrent de troubles anxieux". Début juin, l'ONU alertait aussi sur l'"impact dévastateur" du conflit "sur la santé mentale et le bien-être des enfants".

M.L | Vidéo LCI : Susie Muselet

Sur lemême thème

  • #Conflits et guerre
  • #Famille
  • InternationalUkraine : plus de 500 jours de guerre et une contre-offensive à la peine
  • InternationalGuerre en Ukraine : pour les civils, la fuite ou le chaos
Loading...