"Le général de Gaulle s'était rendu au Vanuatu en 1966, mais à l'époque, c'était un condominium franco-britannique. Donc, il s’agira bien d’une visite historique dans cette région pour plusieurs raisons." Lors d'un échange avec la presse en amont du départ d'Emmanuel Macron en Océanie, son entourage avait insisté sur sa présence au Vanuatu le jeudi 27 juillet. Après la Nouvelle-Calédonie et avant la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le président de la République fera un stop sur cet archipel.
Quelles sont les raisons de cette visite historique ? "Le Vanuatu héberge la plus grande communauté française du Pacifique avec environ 3.000 personnes en lien étroit qui ont des racines avec l'Hexagone, mais aussi avec la Nouvelle-Calédonie", a expliqué l'Elysée. "Et dans la perspective du Sommet de 2024, d'autant plus important d'afficher ce soutien aux Vanuatais et à la francophonie dans ces territoires et ensuite, un aspect biodiversité qui sera extrêmement fort en Papouasie-Nouvelle-Guinée", a indiqué l'entourage du chef de l'Etat, qui a dit vouloir ouvrir une "nouvelle page" du statut de la Nouvelle-Calédonie à son arrivée lundi.
Il semblerait que le chef de l'Etat aime particulièrement les "visites historiques" et se rendre dans des territoires vierges de toutes venues présidentielles. Au mois de mai, il était le premier président de la République française à fouler le sol de la Mongolie, où il avait évoqué des projets énergétiques.
Auparavant, déjà au cours d'une visite en Polynésie française en juillet 2021, Emmanuel Macron s'était rendu aux Marquises, une première pour un président de la République. Il était venu marquer son soutien à la candidature des îles au patrimoine mondial de l’Unesco. "Notre trésor, c’est cette nature et cette culture", "alors je me battrai à vos côtés pour que nous puissions classer à l'Unesco les Marquises", avait-il annoncé, après un début de discours entamé par quelques mots en marquisien.
En 2018, toujours dans cette région du monde, Emmanuel Macron avait été le premier chef de l'État à se rendre dans la province des îles Loyauté, à Ouvéa, pour se souvenir du 5 mai 1988. Ce jour-là, l'assaut militaire contre la grotte d'Ouvéa où des gendarmes étaient retenus en otages par des militants indépendantistes avait fait 21 morts, deux militaires et 19 kanak, dont certains sommairement exécutés. À l'époque, la visite du chef de l'État avait divisé au sein de la population de l'île, il avait finalement renoncé à se présenter sur la tombe des 19 kanak tués pour y déposer une gerbe.
Dans l'océan indien aussi, Emmanuel Macron a été le premier chef de l'État à visiter des territoires, surtout des îles. En 2019, sa venue à Glorieuse, une des îles Éparses administrées par la France mais revendiquées par Madagascar depuis 1973. "On va dire que je suis déconnecté parce que je suis à la plage, alors qu'il y a des grèves en métropole, mais non, ici c'est la France, ce n'est pas une idée creuse", avait plaidé le chef de l'État, annonçant la création d'une réserve nationale naturelle sur l'archipel des Glorieuses, haut lieu de la diversité marine. "On n'est pas là pour s'amuser mais pour bâtir l'avenir de la planète. Ce que nous préservons ici aura des conséquences sur les littoraux, y compris de l'Hexagone", avait ajouté Emmanuel Macron.
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