DOCUMENT LCI - Sur le front à Bakhmout, aux côtés des médecins de guerre

LCI - 25/07
[VIDÉO] - À Bakhmout, en Ukraine, des médecins se relaient toute la journée pour prendre en charge les blessés de la guerre. Des femmes et des hommes qui prennent de gros risques pour soigner leurs patients. LCI a pu suivre leur quotidien.

À Bakhmout, en Ukraine, des médecins se relaient toute la journée pour prendre en charge les blessés de la guerre.
Des femmes et des hommes qui prennent de gros risques pour soigner leurs patients.
LCI a pu suivre leur quotidien.

Dans cet hôpital des alentours de Bakhmout, en Ukraine, Kirilo Orlov retire un morceau d'obus du dos d'un soldat blessé. Depuis le déclenchement de la guerre, voilà le quotidien de ce chirurgien. Ces derniers mois, son sourire est devenu rare. Comme d'autres médecins de cet hôpital de campagne, il soigne comme il le peut les militaires revenus du front. "Si nous faisons notre travail rapidement, si la voiture d'évacuation peut nous amener le patient rapidement, alors nous pouvons réduire le temps entre la blessure et le moment où il arrive dans un hôpital normal", explique le chirurgien dans le reportage situé en tête de cet article. 

"Pour eux, tu es un infirmier, une cible principale"

Plusieurs soldats viennent d'entrer dans l'hôpital. Ils sont de retour d'une opération de reconnaissance qui a mal tourné. La plupart des membres de ce groupe peuvent encore marcher, mais seulement en titubant. Eux sont vivants, mais certains de leurs camarades ont laissé leur vie sur le champ de bataille. La pudeur empêche les militaires pris en charge d'en parler. Les médecins estiment qu'il y a moins de blessés qu'en février, mais qu'il y a tout de même fort à faire. "Chaque jour, il y a des arrivées, indique le médecin-chef de l'hôpital Dmytro Urakov. Nous nous y sommes habitués. Nous passons tout notre temps dans cet hôpital, parfois au sous-sol. Nous ne sortons pas."

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Trop dangereux, pour ces soignants, de mettre le pied dehors. "Pour les médecins qui se rendent sur le front, ce n'est pas comme durant la Seconde guerre mondiale, commente, en colère, le chirurgien Kirilo Orlov. Si vous étiez à la Croix-Rouge, on ne vous dirait pas dessus. Là, les Russes tirent ! Pour eux, tu es un infirmier, c'est une cible principale." Le silence règne dans l'hôpital alors que les civières déversent les blessés. Les uniformes sont coupés, les pansements appliqués et le goutte-à-goutte des perfusions rythment les journées de ces blocs opératoires de fortune. Une fois leur travail terminé, les médecins de guerre ont les yeux rivés sur leur portable. Une manière de se rattacher, un peu, à leur vie.

Theodore AZOUZE | Reportage vidéo : Nancy Reys

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