«Possible mais différente», selon Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique; inéluctable et «assez importante», selon Martin Blachier, consultant; une quatrième vague du Covid à l'automne est dans les esprits, malgré un été qui s'annonce assez calme. En effet, selon toute vraisemblance, les mois de juillet-août devraient être relativement sereins dans une bonne partie de l'Europe continentale, au vu de l'évolution épidémiologique observée depuis plusieurs semaines.
Selon CovidTracker, le taux de positivité était en France de 1,07% le 19 juin (il était à 15% début novembre 2020). Et, selon nos prévisions, le nombre de nouveaux cas se serait établi au-dessous de 1.500 le 22 juin, et passerait sous la barre des 1.000 cas quotidiens d'ici une semaine (contre 45.000 début novembre 2020), avec le même taux de reproduction effectif (Re) qu'aujourd'hui.
Le Re est voisin de 0,65 actuellement, et au-dessous de 1 dans tous les pays d'Europe excepté le Portugal, le Royaume-Uni et la Russie (sous la valeur 1, l'épidémie est en régression exponentielle). Pour illustrer l'importance d'une telle valeur du Re, lorsqu'il est inférieur à 0,70, le nombre de cas quotidiens est diminué de moitié en une seule semaine!
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La situation n'est pas entièrement comparable à celle de l'année dernière à la même époque, du fait de la vaccination (avec près de 50% de Français ayant reçu au moins une dose le 22 juin), d'une meilleure (mais toujours pas optimale) prise en compte de la transmission par aérosols, d'un certain niveau de séquençage du génome complet des virus détectés, et d'une optimisation des délais de résultats des tests virologiques.
Parmi les zones d'ombre et d'incertitude qui pourraient, selon l'évolution, constituer une menace, il y a bien sûr la question de la vaccination de l'ensemble des personnes fragiles et isolées, qui n'est pas achevée, mais aussi l'émergence du variant Delta (que l'on appelait auparavant variant «indien»). Celui-ci remporte toutes les compétitions contre ses prédécesseurs, y compris contre le variant Alpha (ex-variant «anglais»), qui avait réussi à dominer la plupart des tournois internationaux depuis décembre dernier.
Ce variant Delta apparaît aujourd'hui comme autrement plus transmissible et possiblement plus virulent que ses prédécesseurs. Il tend à tirer le taux de reproduction Re vers le haut, tant au Royaume-Uni qu'au Portugal et en Russie, compliquant singulièrement les dernières étapes de leurs déconfinements prévus à l'approche de l'été. Ce variant est désormais en passe d'être dominant dans le monde, a estimé vendredi 18 juin Soumya Swaminathan, directrice scientifique à l'OMS lors d'un point presse à Genèv...
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