Oppenheimer, une odyssée intime aussi sidérante qu’éprouvante [critique]

Première - 19/07
Moins un biopic sur le « père de la bombe atomique », qu’une étude de cas sur un être insaisissable, Christopher Nolan va au bout de sa logique, jusqu’à l’usure.

Moins un biopic sur le « père de la bombe atomique », qu’une étude de cas sur un être insaisissable, Christopher Nolan va au bout de sa logique, jusqu’à l’usure.

Des flaques d’eau brouillées par une pluie fine. Le monde vibre imperceptiblement aux pieds d’un géant, Robert Oppenheimer (1904 - 1967), « le père de la bombe atomique ».  Son visage grave transpercé de deux yeux bleus à l’étrange intensité (le magnétique Cillian Murphy), apparaît en contre-plongée. Un visage songeur devant ces mini-cataclysmes. Un léger mouvement de tête, déclenche un ballet de fractales luminescentes à l’intensité décuplée par un sound-design vibrant. S’imprime alors les données du calvaire prométhéen : « Pour avoir voler le feu à Zeus et donné aux hommes, Prométhée est condamné à vivre enchaîné à un rocher. » Les choses commencent donc ainsi. Tout est dit ou presque. « Fusion » puis « fission », mots clefs à double sens d’emblée affichés sur l’écran, structurant à la fois la division temporelle et dramatique du récit et celle d...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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