En mai 1968, année de tous les dangers, la plus "frenchy" des Anglaises devient la muse de Serge Gainsbourg qui, grâce à elle, trouve le meilleur de son inspiration. "Jane était divorcée d’un compositeur célèbre, John Barry, je ne pouvais pas rester un auteur de chansonnettes", lançait, à l’époque, l’auteur-compositeur, sur un ton amusé. Faisant de la jeune actrice anglaise sa muse, l'homme à la tête de chou lui a fait le plus magnifique des cadeaux en lui écrivant des chansons jusqu'à sa mort, en 1991. Des chansons aux textes souvent subversifs et provocateurs qu'elle interpréta merveilleusement avec sa voix teintée d'un délicieux accent "british". TF1info vous propose une petite sélection.
Tout commence avec l’enregistrement du sulfureux "Je t’aime, moi non plus", sur laquelle la jeune actrice anglaise pose sa voix. Un succès planétaire au parfum de scandale, le Vatican condamna cette chanson ponctuée de gémissements de plaisir explicites dès sa sortie en 1969. Interdit dans plusieurs pays, le quarante-cinq tours s’échangeait sous le manteau. Gainsbourg l'avait d'abord écrite pour Brigitte Bardot, avec qui il vit une fulgurante et clandestine liaison. Comme la vedette du 7e art est alors mariée avec le play-boy allemand Gunther Sachs, le titre à la charge sexuelle explicite, enregistré en 1967, est mis en sommeil. Il ne ressortira des limbes qu'en 1986 avec la voix de "BB", longtemps après cette fameuse version de 1969 avec Jane Birkin, devenue la compagne de Serge Gainsbourg. La même année, le duo sort le morceau "69, année érotique".
En 1971, Jane et Serge récidivent avec "La décadanse", un morceau imaginé pour être un tube de l'été dans lequel le duo évoque cette fois-ci la pénétration anale. Dans un registre un peu moins provoc', "Di doo dah", morceau titre d'un album éponyme sorti en 1973, impose la signature vocale de Jane Birkin avec un refrain-ritournelle qui reste durablement en mémoire. Il est modelé par Serge Gainsbourg, qui se sert des complexes la jeune Jane, quand elle était en pensionnat en Angleterre. "Les autres filles ont de beaux nichons/Et moi, moi je reste aussi plate qu'un garçon/Que c'est con", chante Jane Birkin. Elle a pourtant pris sa revanche sur l'adolescence ingrate, puisque sa silhouette filiforme est à la Une des magazines et qu'on lui colle l'étiquette de sex-symbol.
"C'est la plus belle chanson sur la séparation qu'on puisse avoir, déclarait Jane Birkin, en 2018, lors d'une interview à l'AFP. Chaque fois que je chante 'C'est la pudeur des sentiments/Maquillés outrageusement/Rouge sang', je pense à lui. C'est probablement ma préférée, car tout ce qui est dedans, c'est vraiment lui". Le morceau à l'élégance folle a été conçu en 1983 pour l'album à succès Baby alone in Babylone, écrit par Serge Gainsbourg alors qu'ils sont séparés depuis trois ans. "Il y a une grande pudeur dans toutes ces chansons qu'il a écrites sur la séparation. Serge n'a jamais cessé de m'en écrire jusqu'au bout", disait-elle encore. On pourrait aussi citer "Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve", dans la même veine et sur le même album.
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